“Dans notre république où depuis toujours, la justice se voit non comme un respectable service public mais…” Thierno Monenembo

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Dans notre république où depuis toujours, la justice se voit non comme un respectable service public mais comme la bonniche du gouvernement, le fait est suffisamment rare pour être évoqué.

Au réquisitoire violent et calomniateur du procureur, le juge Wright a répondu avec la sérénité et l’intelligence du juriste digne de ce nom : Foyinké Mengué doit être libéré pour délits non constitués.

Le juge Wright, je ne le connais pas mais je m’empresse de lui exprimer mon estime et mon entière considération. Cet homme fait honneur à son métier, il  rend un fier service  à son pays dont la réputation plus que ternie n’a jamais gêné personne au sommet de l’Etat. Il est rassurant d’observer que même en Guinée où l’arbitraire a force de loi, il existe des hommes qui permettent d’espérer.

Vous avez raison, Monsieur le juge : Foyinké Mengué, notre vénérable lion du FNDC n’a commis aucun délit. Accusé de crimes, de vandalisme et de je ne sais quoi d’autre, ce vaillant défenseur de la cause nationale est aussi chaste que la glace, aussi pur que la neige, pour parler comme Hamlet. « L’histoire m’acquittera » !, clamait Fidel Castro devant ses juges après  la célèbre attaque de la caserne de Moncada à Santiago. Eh bien, Fodé, l’Histoire t’acquitterait si jamais ces  hors-la-loi avaient la mauvaise idée de t’arrêter de nouveau et de te condamner.

« L’Histoire prouve », disait Michelet. L’Histoire, cette fidèle compagne du Temps finit toujours par rétablir les faits. Au zénith de demain quand les brumes du mensonge se seront dissipées, quand les réalités de ce pays seront mises à  nu, on verra bien qui est qui. On verra bien qui sont les vrais juges et qui sont les bourreaux. Il n’y a plus longtemps à attendre, Fodé. Grâce à des hommes comme toi, il est pour bientôt, le soulagement tant espéré.

Après des décennies d’humiliations et de meurtrissures causées par la cruauté de quelques-uns de ses enfants, notre peuple arrive au bout du tunnel. Aucun sacrifice n’est vain. Ça suffit, la misère de l’esprit, ça suffit, la sécheresse d’âme ! Je te dis que  bientôt, la vie va reverdir dans le sillon tracé par le sang de nos martyrs! Et voilà ce qu’ils nous disent du fond de leurs tombes, ces innocents fils du pays fauchés par les balles  impitoyables de la bassesse et de l’ignominie : « Ne baissez pas les bras, ne courbez pas l’échine ! Allez-y, battez-vous jusqu’au bout ! Reculer,  renoncer, abdiquer reviendrait à profaner nos tombes, à souiller pour de bon la pureté de nos linceuls ! Les barbares qui sont devant vous n’ont aucun sens de la  honte. Rien d’autre que le combat ne les fera reculer ! »

Il est évident que ce combat, nous ne le gagnerons que si nous le menons sur tous les fronts. Aujourd’hui, l’immense majorité des Guinéens même l’opposition parlementaire s’oppose à cette imposture de troisième mandat. L’heure n’est pas à la compromission, elle est au rassemblement : rassemblement de toutes les forces par-delà les divergences personnelles et idéologiques. Pour le moment, une seule idée pour tous : non au troisième mandat ! Un seul objectif : le départ d’Alpha Condé au terme de sa présidence ! La société civile, les forces politiques et syndicales ne suffiront pas. Les forces morales et religieuses, tous les sages du pays doivent mettre la main à la pâte.

Alpha Condé se souvient peut-être de ces mots de Guézo, roi d’Abomey et dont la FEANF avait fait sa devise : « Si tous les fils du royaume venaient, de leurs mains assemblées,  boucher les trous de la jarre percée, le pays serait sauvé ».

Tierno Monenembo, in Le Lynx

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