Guinée – Insertion de l’écriture N’kô dans les programmes scolaires, 33 ans après sa disparition, Nafadji Sory lance un appel à l’endroit du gouvernement.

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Solomana Kanté (1922- 1987) est un savant africain né à Kankan et décédé à Conakry le 23 novembre 1987.

Encyclopédiste du type du siècle des lumières, il est beaucoup plus connu pour son invention de l’alphabet N’ko, un système de transcription des langues à ton. Il redigea 183 livres embrassant plusieurs domaines religieux, scientifiques, littéraires, techniques et linguistiques. Il est également à la base de la création d’une médecine alliant pharmacopée traditionnelle et thérapeutique moderne.

Aujourd’hui 33 ans jour pour jour après sa disparition , quel est l’état de son héritage intellectuel ?
On peut répondre que les héritiers intellectuels de Solomana Kanté ont fait du mouvement n’ko l’un des plus grands courants intellectuels africains. Près de 200 ouvrages existaient en N’ko à son décès. De nos jours, plus de 10 milles ouvrages ont été publiés, plusieurs centaines de centres d’alphabétisation N’ko et de nombreuses écoles formelles N’ko existent en Guinée et dans les pays voisins.

Plus de 20.000 thérapeutes N’ko officient en Afrique de l’ouest.
Du vivant de Solomana Kante, les livres N’ko n’existaient que sous forme manuscrite. Cependant aujourd’hui, l’écriture est disponible sur tous les outils et plate-formes électroniques comme les ordinateurs, les androïdes, les McIntosh, Google, Microsoft,Wikipedia …

L’insertion du N’ko parmi les systèmes de transcription des langues Guinéennes est une nécessité que le gouvernement Guinéen doit prendre en compte.

Des organismes comme le réseau central de l’alphabet N’ko et l’académie centrale de l’alphabet N’ko ont déjà produits tous les pré-requis nécessaires au lancement des classes utilisant cet alphabet : syllabaires, calculs, sciences d’observation, grammaires, dictionnaires, éducation civique.

Ces manuels scolaires et didactiques sont tous conformes aux programmes officiels de la République de Guinée. C’est pourquoi, il revient au gouvernement Guinéen et à son ministère de tutelle, Éducation nationale et Alphabetisation, d’accepter d’ouvrir maintenant un programme expérimentation de l’écriture N’ko dans notre système scolaire. L’expérimentation du N’ko dans notre système scolaire pourrait commencer par un programme de trois ans en choisissant certains établissements pilotes qui bénéficieront de tout l’encadrement nécessaire. Le programme expérimental pourrait être suivi et évalué à court, moyen et long terme par les techniciens du département de l’éducation nationale.

Nafadji Sory Condé, auteur,
Membre de l’Académie N’ko et du Réseau Central de l’Alphabet N’ko

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