Pita – Entretien : Mamadou Oury Barry, proviseur du lycée Oustoya de Pita

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Entretien : Mamadou Oury Barry, proviseur du lycée Oustoya de Pita « Les six salles de classe et les trois bâtiments administratifs sont dans un état de dégradation inquiétant » 

L’amélioration de la qualité des enseignements dans les différentes écoles a été l’une des priorités du Chef de l’Etat depuis 2010. Dans ce cas, le gouvernement guinéen a posé plusieurs actes forts pour la réussite des enfants de notre pays. Cependant, des efforts restent à faire pour atteindre l’objectif « l’école de qualité et pour tous ».

Pour en savoir d’avantage, notre reporter a rencontré le proviseur du lycée Oustoya de Pita. Dans cet entretien qu’il a accordé à votre quotidien, Mamadou Oury Barry revient sur les acquis mais aussi sur les difficultés rencontrées dans la gestion du seul lycée public de la Commune urbaine de Pita

oceanguinee : Présentez-vous à nos lecteurs

Mamadou Oury Barry : Je suis Mamadou OuryBarry, proviseur du lycée Oustoya de Pita depuis janvier 2019. Mais avant, j’étais censeur dans le même lycée.

Après votre prise de fonctions, quelles ont été vos priorités pour l’établissement ?

Le fait d’être censeur avant d’être promu proviseur a été un grand atout pour moi. Puisque je savais déjà à peu près les problèmes essentiels du lycée. Donc j’avais 2 priorités : la première c’était comment améliorer les résultats au niveau des examens nationaux ; la deuxième c’était la réhabilitation des bâtiments qui sont très vétustes au sein du lycée. A ce jour les objectifs ne sont pas atteints à 100 % mais les choses commencent à s’améliorer. Par exemple les résultats du bac 2019, nous avions eu moins de 20 % d’admis et en 2020 on a eu 28 %.

Concernant la réhabilitation, on a eu la chance d’avoir une association locale, dénommée APIDEV qui a mobilisé plus de 50 millions GNF pour réhabiliter trois salles de classes et la salle informatique du lycée. APIDEV est composée essentiellement d’anciens élèves du lycée Oustoya. C’est vrai, les six autres salles de classe et les trois bâtiments administratifs sont dans un état de dégradation inquiétant. Mais nous lançons un appel à l’Etat et à toutes les bonnes volontés pour nous aider à réhabiliter ces édifices.

Dans le domaine pédagogique, comment se porte le lycée Oustoya ?

Dans le domaine pédagogique, je peux dire que le lycée se porte bien. Nous avons 9 salles de classe qui fonctionnent même si 6 d’entre elles sont trop vétusteet 9 groupes pédagogiques. Il y a normalement 22 professeurs et tous sont fonctionnaires. Sauf que dans certaines matières, nous sommes en manque d’enseignants. C’est ce qui fait que le personnel d’encadrement aussi a pris des heures. Par exemple le censeur qui est un professeur de Mathématiques a pris 12 heures afin de compléter les deux autres professeurs de Maths pour enseigner les 9 salles de classe. En biologie nous n’avons qu’un seul professeur pour 24 heures. On était obligé de demander un professeur de Géologie pour combler le vide bien que ça ne soit pas sa spécialité en attendant que l’on trouve un professeur de Biologie.

Justement, par rapport à la documentation qu’en est-il ?

Parlant de la documentation, notre lycée a une bibliothèque. Mais par rapport aux différents programmes développés dans les classes c’est seulement en mathématiques et en français que nous avons des livres et manuels adaptéss. Mais dans les autres matières, nous n’avons pas de livres adaptés aux programmes. Les enseignants sont obligés de prendre par-ci par-là pour constituer un résumé pour permettre aux élèves d’évoluer.

Quelles sont les principales difficultés auxquelles vous êtes confrontés dans la gestion du lycée Oustoya ?

Il y a des difficultés que l’on gère et d’autres on n’arrive pas. Quand je prends la réhabilitation des 2 bâtiments de 6 salles de classes et les 3 bâtiments administratifs qui sont très vétustes. Ces bâtiments n’ont connu aucune rénovation depuis que ces édifices sont construits dans les années 1970.

Quand vous arrivez dans certaines salles de classes, vous verrez des fissures tellement importantes que vous verrez le soleil si vous êtes à l’intérieur.

Il y a d’autres difficultés qui sont résolues. C’est notamment l’accès qui était difficile puisque le lycée est un peu loin de la ville. Mais avec le bitumage des voiries urbaines de Pita, on a eu la chance d’avoir désormais l’accès facile au lycée. Ensuite les difficultés liées à la documentation comment je l’ai indiqué plus haut.

Nous avons une salle informatique de 26 ordinateurs avec la connexion internet grâce aux initiatives du Chef de l’Etat. Mais la connexion est trop faible. C’est ce qui fait que les élèves préfèrent se connecter avec leurs téléphones au lieu de venir au cyber pour des besoins de recherche.

Votre message à l’endroit des parents et des élèves ?

Le message c’est d’abord les remercier pour tout ce qu’ils fournissent comme efforts pour améliorer le niveau des élèves et surtout d’avoir eu confiance au lycée Oustoya pour encadrer leurs enfants. Ensuite leur demander de nous aider d’avantage puisqu’il nous faut conjuguer toujours les efforts pour la réussite des enfants. Par exemple actuellement la fraicheur est encore là et le soleil se lève un peu tard et cela amène certains élèves à venir en retard. Si l’on accuse chaque jour 15 minutes de retard cela fait des heures dans le mois. Toute chose qui peut se répercuter sur le programme. C’est pourquoi nous exigeons que les élèves viennent à l’heure et que les cours démarrent effectivement à 8 heures. Dans ce cas on a aussi besoin de l’accompagnement des parents.

Propos recueillis par

Alhassane Barry

 

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