Viol sur mineure : Il faut surtout appliquer la peine prévue et veiller à ce qu’elle soit exécutée (Me Traoré)

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Ces derniers temps, on constate une véritable recrudescence du phénomène de viol sur mineure. Il existe pourtant une peine très sévère contre le viol. Et la minorité de la victime constitue une cause d’aggravation de la peine puisque le violeur est puni de la réclusion criminelle de 10 à 20 ans. Et si le viol a entraîné la mort de la victime, la peine est la réclusion criminelle à perpétuité.

En dépit de cela, on entend tous les jours qu’une fille mineure a été violée par un adulte. Qu’est-ce qui peut être à la base de la multiplication des cas de viol sur mineure ? Ce n’est certainement pas la légèreté des peines prévues. Mais il peut y avoir une nette différence entre la peine prévue par la loi, la peine effectivement prononcée par le juge et la peine purgée par le condamné. Une peine peut paraître légère en tenant compte de la gravité des faits. Mais si elle est prononcée sans laxisme et effectivement exécutée, elle peut être dissuasive.

Il faut donc porter un regard sur les peines prononcées par les juges au regard de ce que prévoit le législateur et celles effectivement purgées par les violeurs de mineure.

L’aggravation légale d’une peine n’est pas forcément une solution. Il faut surtout appliquer la peine prévue et veiller à ce qu’elle soit exécutée.

 

Même si l’on prévoyait la castration chimique ou la peine de mort contre le viol sur mineure comme le souhaitent certains, on n’arriverait pas au résultat escompté si l’une ou l’autre de ces peines, une fois prononcée, n’est pas effectivement exécutée.

Les juges devraient éviter tout laxisme dans l’application de la loi face à un phénomène qui devient inquiétant et même révoltant. Mais le tout n’est pas que de prévoir et de prononcer une peine. Encore faut-il que la peine prononcée soit exécutée par le condamné.

Par ailleurs, il faut une véritable volonté politique pour combattre le viol sur mineure. En tout cas, il faut éviter qu’on en arrive à une situation où c’est un justicier (parent ou non de la victime), lassé par l’impunité face au phénomène, qui se changerait de régler le compte d’un violeur de mineure.

 

Me Mohamed Traoré

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