REPORTAGE

Éruption du Nyiragongo en RDC : ceux qui ont décidé de rester à Goma

Des milliers d'habitants de Goma se sont établis dans le territoire de Masisi, d’autres à Rutshuru ou encore à Bukavu. Mais beaucoup d’autres ont préféré n’est pas quitté la ville (image d'illustration)
Des milliers d’habitants de Goma se sont établis dans le territoire de Masisi, d’autres à Rutshuru ou encore à Bukavu. Mais beaucoup d’autres ont préféré n’est pas quitté la ville (image d’illustration) AFP – GUERCHOM NDEBO

Treize jours après l’éruption du Nyiragongo, plus de 200 000 personnes n’ont toujours pas regagné Goma, selon les chiffres officiels. Des milliers de personnes sont dans le territoire de Masisi, d’autres à Rutshuru ou encore à Bukavu. Beaucoup d’autres ont préféré n’est pas quitté la ville pour plusieurs raisons.

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Avec notre envoyé spécial à GomaPatient Ligodi

Kambale est mécanicien. Il a vu venir la coulée de lave, mais il a préféré resté à Goma. « Partir ? Mais où ? Et comment serait ma vie là-bas ? Qui allait me prendre en charge ? J’ai préféré rester ici. Si la lave part à gauche, moi je vais à droite. Je ne pouvais pas partir comme ça. Comment j’allais me nourrir là-bas ».

Pascal, lui, est étudiant. Il est également resté à Goma. « Parce que je n’avais d’argent. C’était inutile de partir. Je n’avais pas d’argent, la possibilité d’évacuation. C’est pour cette raison que je ne suis pas parti ».

Père de deux enfants, Bruno avait évacué sa petite famille, quelques heures après l’éruption volcanique. Lui est resté à Goma pour notamment préserver les activités familiales, mais aussi un bistrot qu’il gère. Aujourd’hui, il est content de voir les clients revenir.

« Par rapport à l’ancien temps, il n’y a pas assez de monde, même pas la moitié de personnes qui venaient ici, mais petit-à-petit, elles sont en train de revenir, nous espérons que la situation va s’améliorer rapidement ».

Les tremblements de terre ont baissé en intensité et les autorités provinciales disent étudier la possibilité de refaire revenir progressivement la population déplacée.

Aujourd’hui, 52 organisations humanitaires sont à l’œuvre et apportent de l’assistance notamment en eau, hygiène et assainissement, abris, nourriture, santé, etc., mais les besoins sont importants. Ils sont évalués à l’heure actuelle à environ 20 millions de dollars américains.

《 Vingt millions de dollars en général pour l’ensemble des besoins mais si la population peut rentrer rapidement chez elle, alors le premier volet, qui est le volet de l’appui à la population là où elle se trouve, sera plus bas. Donc j’estime qu’on aura besoin environ de dix millions de dollars pour appuyer le retour et pour appuyer la réhabilitation d’urgence des infrastructures nécessaires.》

rfi.fr