Israël: Naftali Bennett devient premier ministre, Netanyahou écarté du pouvoir

Head of Oposition Benjamin Netanyahu and Israel Prime Minister Naftali Bennett gesture following the vote on the new coalition at the Knesset, Israel's parliament, in Jerusalem June 13, 2021. REUTERS/Ronen Zvulun
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C’est la fin d’une époque. Après quelque 4350 jours de gouvernance – soit un règne bien plus long que celui de David Ben Gourion, l’un des pères fondateurs de l’État hébreu -, Benyamin Netanyahou cède son poste de premier ministre.

Le nouveau gouvernement a pour chef Naftali Bennett, le leader de Yamina, un petit parti de la droite ­ultra-nationaliste et religieuse. La ­Knesset a donné son approbation ce dimanche par un vote à 60 voix contre 59, soit une majorité qui jusqu’au bout n’a tenu et ne tient qu’à un fil. Il résulte de l’alliance improbable de huit partis de gauche, du centre, de droite et de droite radicale avec en cerise sur le gâteau la participation du Raam, un mouvement islamiste représentant la sensibilité conservatrice de la population arabe israélienne. Un système de rotation prévoit de confier au bout de deux ans les rênes du pouvoir au centriste Yair Lapid, le concepteur de la coalition d’alternance. Si l’accord tient jusque-là, ce dont doutent les Israéliens selon les sondages.

Le baptême du feu a été tumultueux pour Naftali Bennett. Son discours d’intronisation devant la Knesset a été couvert par les cris et les vociférations. «Menteur», «escroc» : les députés d’extrême droite messianique se sont déchaînés. Ils ont été expulsés de la salle puis ce fut le tour de parlementaires du Likoud et d’élus ultraorthodoxes. Kippa vissée sur l’arrière du crâne, Naftali Bennett a dénoncé un climat de «haine» et de «décomposition» du pays. «Il faut mettre fin à cette folie» a-t-il lancé.

Le nouveau gouvernement à des allures d’auberge espagnole. Il comprend vingt-huit ministres dont six vice-ministres et constitue l’un des plus larges cabinets de toute l’histoire d’Israël même s’il est de taille plus modeste que le précédent. Pour la première fois, il comptera dans ses soutiens un parti arabe, sans qui il n’aurait pas obtenu la majorité au Parlement.

 

Avec Le Fogaro

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