Chine: Pékin réagit vivement aux déclarations de l’Otan

Par Aissata Keita

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Joe Biden s’est assuré du soutien de l’Otan avant sa confrontation avec Vladimir Poutine. Le président américain a profité de sa participation au sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord pour appeler le président russe à cesser ses provocations à l’égard des États-Unis et leurs alliés. Avertissement adressé également, cette fois, collectivement à la Chine. Dans sa déclaration finale, l’Otan estime que la deuxième économie du monde présente des « défis » à caractère « systémiques ».

Apparu la première fois il y a deux ans, le 12 mars 2019, dans un document de la Commission européenne, le terme de « rival systémique » repris par l’Otan n’est pas une surprise pour Pékin, qui a immédiatement déployé les éléments de langage utilisés de façon récurrente par ses diplomates. D’abord celui du « développement pacifique de la Chine » associé au « droit à se défendre » : « Nous ne poserons de « défi systémique » à personne, mais si on nous pose des « défis systémiques », nous ne resterons pas indifférents », menace la mission chinoise auprès de l’Union européenne dans des propos repris, ce mardi 15 juin, par le site d’information d’État Pangpai, rappelant au passage « la tragédie historique du bombardement de l’ambassade de Chine en Yougoslavie » par l’Otan en 1999.

Une supposée « mentalité de guerre froide »

Autre argument : celui d’une supposée « mentalité de guerre froide » chez certains responsables à Washington et en Europe. L’éditorial du Global Times dénonce ainsi une « conspiration des États-Unis » visant à renforcer les « tendances anti-chinoises en Occident », tout en laissant entendre, dessin à l’appui, que les Européens seraient désunis sur la question. La caricature publiée par la filiale du Quotidien du Peuple montre, en effet, un « Oncle Sam » américain engagé dans un bras de fer avec le panda chinois, avec dans son dos des Européens regardant ailleurs, voire sifflotant une autre chanson peut-être en rapport avec les récentes déclarations du Premier ministre hongrois, Viktor Orban.

 

Avec rfi.fr

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