Autopsie d’un genre musical : « Souarresi » d’Elhadj Sory Kandia Kouyate.

Elhadj Sory Kandia Kouyaté fut un griot légendaire ; le prototype de parolier dépositaire de connaissances millénaires défiant l’usure du temps et les péripéties humaines, et surtout capable de claironner des vérités sans offenser personne.

C’est pourtant dans Souaressi qu’il révéla toute la virtuosité et la subtilité de son art. Un morceau qu’il dédia au président Ahmed Sékou Touré. Cette chanson frissonnante, tant pour les admirateurs du premier président guinéen que pour ses détracteurs, recèle en elle un incompréhensible anthropomorphisme.

 

Une bonne dose d’initiation aux subtilités des dialectes et proverbes mandings est nécessaire pour déchiffrer le sens enfoui de cette chanson. Souaressi n’est ni un panégyrique, ni un réquisitoire.

Kandia a posé un diagnostic et il éduque.

Tout en magnifiant l’incontestable prestige qui auréolait Sékou Touré, le téméraire défenseur de l’Afrique et figure tutélaire de la révolution guinéenne, Kandia n’omit pas de révéler le profil psychologique de ce dernier similaire à « une hyène à jeun » et à « un python à neuf têtes » n’amusant que ceux qui l’ignorent.

Que voulait- il dire par là ? Pourquoi une hyène, un python et non un éléphant (le symbole même de Sékou Touré) ou un lion (la représentation du pouvoir et de la force) ?
Que représente une hyène dans la mythologie africaine ?
Quelle perception les africains ont- ils du python qu’on appelait « Bida » dans l’ancien royaume du Ouagadou et dont les récits continuent d’alimenter toutes les fantasmagories ?

Voilà des questions intéressantes auxquelles il convient de trouver des réponses sans aucune tentative d’édulcoration ou de dramatisation d’une histoire très contemporaine.

 

Par Dramane DIAWARA (DD)

📀🎧 SOUARESSI

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