Libye, Afghanistan, Mali…: comment les « Gendarmes du monde » ont semé le chaos et promu l’insécurité

Après avoir été présents en première lignes des combats dans les différentes opérations auxquelles elles participent, de façon directe ou indirecte, les puissances étrangères commencent à revoir leur copie. Entre coopération militaire et invasion, la France et les États-Unis ont réussi à mener pendant longtemps des actes de guerre dans différents pays d’Afrique et de l’Orient, au nom de la lutte contre le terrorisme. Leur retrait annoncé des différents fronts, pourtant toujours aussi bouillants qu’au moment où ils « prenaient service », est non seulement un aveu d’échec mais surtout une grande trahison et ou agression faite aux pays concernés. La France et l’Amérique, champions en ingérence et gendarmes autoproclamés du monde, laissent ainsi derrière eux le chaos et une insécurité de plus en plus grandissante.

Au lendemain du  coup d’Etat contre le coup d’Etat, survenu au Mali, le président Macron avait déclaré le 29 mai la décision de retirer les soldats français si l’on n’était pas vite revenu dans l’orthodoxie constitutionnelle. Naturellement, derrière cette déclaration du président français se cache une ferme volonté de préservation des intérêts de l’ancienne puissance coloniale. Loin de relever d’ouvres caritatives, la présence de la France au Mali obéit à une logique de sauvegarde de ses acquis et autres avantages qu’elle garde toujours dans ses anciennes colonies. A vrai dire, tout comme l’aide internationale qui n’en est pas un en réalité, ce que l’on appelle « coopération militaire » des pays occidentaux avec les pays de l’Afrique et de l’orient n’est qu’un prolongement de la recherche effrénée du gain politique et économique.

Pour l’Afghanistan et l’Irak, la présence des forces occidentales s’explique moins par une question de lutte contre le terrorisme ou la prolifération des armes à destruction massive que par le seul désir de laminer des adversaires politiques encombrants. S’il est vrai que le pilonnage de l’Afghanistan était mu par le seul but de faire sortir Ossama Ben Laden de sa cachette dans les grottes de ce pays, la réalité est aussi que les Etats-Unis ont outrepassé la mission qu’ils se sont fixés en instaurant une guerre frontale contre les Talibans, affrontements qui ont du s’étendre au-delà de la mort de ce dernier. De même; le chaos qui s’est emparé de l’Irak est de la responsabilité exclusive de l’Administration Georges W Bush et de toutes les autres qui se sont succédé aux Etats-Unis depuis 2003. A tous les fronts auxquels ils ont pris part, la France et les Etats-Unis, plus que les autres puissances économiques et militaires, n’ont été motivés que par leurs propres intérêts et leur séjour dans ces foyers de tension prend toujours fin quand ils n’ont plus rien à gagner dans ces pays en proie à la guerre.

Même s’ils n’ont pas pris par dans la guerre en Libye avec des troupes au sol, la France et les Etats-Unis, ainsi que leurs acolytes occidentaux, ont participé à semer le chaos institutionnel et sécuritaire que le pays est en train de vivre. Le guide de la Révolution, Mouammar Kadhafi était devenu un leader encombrant pour ces puissances coloniales et il fallait s’en débarrasser, peu importent la façon et les moyens. L’appui de ces dernières a certes permis aux rebelles de se débarrasser du président libyen mais il a par la même occasion permis aux groupes terroristes de faire de la Libye, jadis un sanctuaire de paix, un ilot du grand banditisme et du trafic humain. Quand ils n’avaient plus d’intérêt à poursuivre dans ce pays, les occidentaux ont juste plié bagages et laissé le chaos prospérer et s’emparer de la population libyenne. En procédant à l’élimination de Kadhafi, ces pays occidentaux ont créé des problèmes là où leur hégémonie leur prédestinait à la proposition de solutions.

Passés à la loupe, sous tous les angles, les retraits des Etats-Unis de l’Afghanistan et de la France du Mali constituent une trahison. Même si leur présence a été pendant longtemps décriée, ces pays auraient pu, pour ne pas créer un vide synonyme d’anarchie, laissé aux pays concernés décider eux-mêmes du plan de retrait. Cela aurait pu permettre à leurs soldats de prendre possession des différentes positions stratégiques que les militaires français et américains avaient occupé. C’est écœurant de constater qu’à peine le retrait des Américains annoncé, les Talibans ont commencé à lancer des assauts inédits. Après avoir entretenu et alimenté la guerre pendant des années, les Etats-Unis, la France et l’Otan pour ce qui est de l’Irak et de la Libye, n’ont pas le droit de laisser les pays en conflit sans alternative concrète. Si leur présence « éternelle » est peu souhaitable pour des pays qui veulent disposer pleinement de leur souveraineté internationale, elle n’est guère pire que le chaos qu’ils vont laisser derrière eux faute de politique sécuritaire adéquate.

Source : senenews.com

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