Un jeune entrepreneur se donne la mort à Brazzaville

Par Gavet

La crise, les dettes, le harcèlement policier et fiscal…Il n’a pas résisté !

Le patron de Grillardin, une starup de restauration implantée au virage Maya Maya, est décédé mardi au CHU de Brazzaville, après avoir consommé une forte quantité de produits contre les souris.

Le jeune entrepreneur n’a pas résisté au poids des prêts contractés auprès des banques, l’équivalent de 10 millions de francs CFA aux MUCODEC et CONFINA, réunies. Et pourtant, le processus de remboursement était en cours, environ 140.000 francs CFA par semaine!

Le jeune patron avait à charge une dizaine de salariés qu’il n’avait plus payés depuis deux mois. A cela s’est ajouté un terrible harcèlement des agents de police qui tenaient à le déguerpir du bord du goudron, boulevard Denis Sassou N’Guesso, où il avait fidélisé depuis quelques années déjà une importante clientèle.

Ses déboires ont commencé lorsqu’il a été visité par une patrouille de la police, le sommant de déguerpir, pour occupant anarchique. Mais, le jeune entrepreneur opposait à cette opération un document de la mairie de centrale lui donnant droit de s’y installer.

Et il payait des taxes. Récemment d’ailleurs, il a avancé 30.000 francs CFA au bureau des impôts de Bacongo, sur les 130.000 qui lui ont été demandés.

Dans ses déboires, une autorité l’a reçu deux fois dans son bureau pour discuter de cette affaire. Il l’avait mis en contact avec un haut cadre du ministère des Petites et moyennes entreprises qui avait accepté de suivre son dossier. Apparemment tout était rentré dans l’ordre.

Une autre autorité avait intercédé en sa faveur afin que la police ne repasse plus le harceler.

Mais lui n’a pas retrouvé ses esprits. Le choc a été top grand. Il a même fait une crise de nerfs et a passé deux semaines au service psychiatrique du CHU (Kabano). Le médecin traitant l’avait soumis à une période d’hospitalisation de trois mois. Hélas!

L’auto emploi est un sacerdoce au Congo. Les jeunes qui se battent sont vite étouffés ou tués dans l’œuf, faute de moyens pour faire face aux taxes surdimensionnées.

Paix à son âme, un jeune courageux qui aurait essayé de se trouver une solution au chômage qui ronge la jeunesse congolaise, mais aussi de donner de l’emploi à quelques-uns de ces jeunes.

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