Guerre en Ukraine: le bilan provisoire monte à 198 civils tués en trois jours

par rfi.fr Avec AFP et Reuters

Trois jours après le début de l’invasion russe en Ukraine jeudi 24 février, le sort de Kiev semble ne plus tenir qu’à un fil. De violents combats se déroulent dans la capitale. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est toujours dans la capitale. Pendant ce temps, des dizaines de milliers d’Ukrainiens ont fui vers les frontières.

Les points essentiels :

► Ce samedi, tous les regards sont tournés vers la capitale Kiev, où des combats sont en cours. Le chef de l’État ukrainien s’est dit « cible numéro un » de Moscou. La mobilisation générale a été décrétée côté ukrainien.

► Le bilan provisoire fait état de 198 civils tués et de 1 115 blessés. Des cohortes de déplacés sont sur les routes de l’Ukraine et 100 000 ont trouvé refuge en Pologne, selon les autorités polonaises.

► Depuis le début de l’offensive, plusieurs trains de sanctions ont été successivement décidés par l’Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada, ciblant le secteur bancaire, les importations technologiques et de nombreux proches du pouvoir. Elles visent désormais également le président russe Vladimir Poutine et son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov.

► Un sommet de l’Otan s’est tenu vendredi. « Nous déployons pour la première fois la Force de réaction au titre de la défense collective pour éviter des débordements sur le territoire de l’Alliance », a précisé Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Otan, à l’issue de la rencontre. La France va déployer 500 hommes en Roumanie dans le cadre de l’Alliance.

Les horaires sont donnés en temps universel (TU)

12h48 : Antony Blinken annonce une nouvelle aide militaire américaine à l’Ukraine de 350 millions de dollars. « Cette aide comprendra de nouveaux moyens militaires défensifs qui permettront à l’Ukraine de combattre les menaces blindées, aéroportées et autres auxquelles elle fait face aujourd’hui. »

12h39 : À Dnipro, grande ville à l’est de l’Ukraine, les Ukrainiens viennent en masse donner leur sang. Lisez le reportage de nos envoyés spéciaux sur place, Anastasia Becchio et Boris Vichith.

12h19 : La Russie ferme son espace aérien aux avions liés à la Bulgarie, la Pologne et la République tchèque, après une décision similaire prise par Varsovie, Prague et Sofia à l’encontre des compagnies aériennes russes.

12h11 : La Chine a refusé de condamner l’invasion russe en Ukraine et l’ambassade chinoise à Kiev conseille désormais à ses citoyens de cacher leur identité face à la montée du sentiment anti-chinois. Lisez le reportage de notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde. 

12h07 : Les Pays-Bas et la Norvège déplacent leur ambassade en Pologne.

12h03 : Certains pays peinent à condamner ou absoudre complètement la Russie de peur de se brouiller avec Moscou ou Washington. Écoutez le tour du monde des correspondants.

11h47 : Les ministres de l’Énergie européens se rencontreront lundi pour réunion extraordinaire.

11h38 : Après s’être entretenu avec les dirigeantes de la Moldavie et de la Géorgie, Emmanuel Macron leur réaffirme le soutien de la France « contre toute tension ou tentative de déstabilisation. »

11h38 : Kiev durcit le couvre-feu, tout personne dans la rue entre 17h00 et 8h00 sera traitée en ennemi. « Tous les civils qui seront dans la rue pendant le couvre-feu seront considérés comme des membres des groupes de sabotage et de reconnaissance de l’ennemi », a indiqué Vitali Klitschko, le maire de Kiev, sur Telegram. Il a également annoncé que le métro de la capitale était désormais transformé en refuge pour les habitants.

11h18 : Mario Draghi promet à Volodymyr Zelensky de soutenir les sanctions, y compris l’exclusion de la Russie du système Swift.

11h16 : De violents combats se déroulent dans la capitale et notamment sur l’avenue de la Victoire, l’une des artères principales, où l’armée de terre ukrainienne dit avoir détruit une colonne de cinq véhicules russes, dont un char. Kiev est sous les tirs des missiles russes. Selon le maire de Kiev, Vitali Klitschko, des « unités de sabotage » se trouvent dans la capitale mais pas encore d’unités régulières.

Les forces ukrainiennes font également état de violents combats à 30 km au sud-ouest de Kiev, où les Russes « essaient de faire débarquer des parachutistes. »

10h34 : Volodymyr  Zelensky appelle Berlin et Budapest à avoir le « courage » de retirer la Russie du système Swift, qui permet les paiements interbancaires entre établissements financiers du monde entier. « Quasiment tous les pays de l’UE sont déjà pour l’exclusion de la Russie du Swift », a affirmé Volodymyr Zelensky dans une adresse vidéo. « J’espère que l’Allemagne et la Hongrie trouveront le courage de soutenir cette décision », a-t-il souligné.

Société privée basée en Belgique, Swift, pour Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunications, est avant tout un réseau complexe de messagerie ultra-sécurisée dédiée aux opérations financières, notamment hors de la zone euro. Ce réseau interbancaire est utilisé par plus de 11 000 institutions financières dans plus de 200 pays pour sécuriser les transactions financières.

Concrètement le virement Swift est l’ordre donné par un acheteur à son banquier de débiter son compte pour créditer celui du vendeur. Chaque banque ou institution bancaire a un code Swift qui est son code d’identification internationale.

Selon le site de l’association nationale russe Rosswift, la Russie serait le deuxième pays après les États-Unis en nombre d’utilisateurs avec quelque 300 banques et institutions russes membres du système. Plus de la moitié des organismes de crédit russes sont représentés dans Swift. Exclure la Russie du réseau Swift frapperait durement les banques et entreprises russes, mais ses conséquences sont complexes, car les créanciers européens auraient alors du mal à récupérer leur argent. D’où les tensions existant au sein de l’UE sur l’opportunité ou non d’une exclusion de la Russie.

10h15 : 100 000 Ukrainiens sont arrivés dans le pays depuis le début de l’attaque russe, déclare la Pologne.

10h07 : Un bateau de commerce transportant des véhicules vers Saint Pétersbourg a été intercepté dans la Manche. Il est soupçonné d’appartenir à une entreprise russe visée par les sanctions prises par l’UE.

10h02 : Prague va envoyer pour plus de 7 millions d’euros d’armements à l’Ukraine. La France a annoncé qu’elle allait également lui fournir des équipements militaires défensifs.

9h27 : 198 civils ont été tués, dont trois enfants, et 1 115 ont été blessés depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, a déclaré Viktor Liachko, le ministre ukrainien de la Santé.

8h57 : La Pologne refuse de jouer le match de qualification au Mondial contre la Russie.

8h46 : Le régulateur russe ordonne à des médias de supprimer le terme « d’invasion », « offensive », « déclaration de guerre » de l’Ukraine. Officiellement, Moscou appelle son intervention en Ukraine une « opération militaire spéciale » destinée au « maintien de la paix ».

8h44 : Les Pays-Bas déplacent leur ambassade d’Ukraine en Pologne.

Des militaires ukrainiens sur le site d’un combat avec un groupe de raids russes dans la capitale ukrainienne de Kiev dans la matinée du 26 février 2022, selon le personnel des services ukrainiens sur les lieux.

 

8h28 : L’immeuble touché par un missile se trouve dans un quartier à proximité de l’aéroport de Kiev-Zhulyany, un endroit stratégique, rapporte l’envoyé spécial sur place de la rédaction russe de RFI, Denis Strelkof. Des frappes ont été entendues toute la nuit dans les quartiers résidentiels de Kiev. Le centre est toujours sous le contrôle des forces ukrainiennes mais la situation est fragile.

8h04 : Emmanuel Macron annonce convoquer un conseil de défense pour 17h, heure de Paris

7h07 : Un grand immeuble résidentiel touché par un missile à Kiev entre les 18e et 21e étages, l’évacuation est en cours. « Kiev, notre splendide et paisible ville, a survécu à une autre nuit sous les attaques des forces terrestres russes et des missiles. L’un d’eux a frappé un immeuble résidentiel de Kiev. Je demande au monde d’isoler complétement la Russie, d’expulser les ambassadeurs, d’exercer un embargo sur le pétrole, de ruiner son économie. Arrêtez les criminels de guerre russes ! », a twitté le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba.

7h04 : Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, l’armée russe a pris « le contrôle total de la ville de Melitopol », dans le sud de l’Ukraine, non loin de la Crimée, péninsule annexée par la Russie en 2014. Toujours selon lui, au total, depuis le début de l’invasion, les forces russes affirment avoir détruit 821 infrastructures militaires, dont 14 aérodromes. 9h16 : Les forces britanniques contestent cette information.

Le ministre britannique des Forces armées déclare, selon Reuters, que les colonnes blindées en route vers Kiev sont bloquées par la résistance ukrainienne.

7h02 : « Cette guerre durera » et « il faut nous y préparer », a déclaré Emmanuel Macron depuis le salon de l’agriculture en France. « La guerre est revenue en Europe », a-t-il ajouté. Il prévoit des conséquences durables pour l’agriculture française.

6h53 : Après une conversation avec Emmanuel Macron, le président ukrainien a affirmé que ses alliés allaient envoyer « des armes » et des équipements à l’Ukraine.

6h42 : « Pendant la nuit, les forces armées de la Fédération de Russie ont frappé des sites d’infrastructure militaire ukrainienne avec des armes de haute précision de longue portée en utilisant des missiles de croisière navals et aériens », a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

6h29 : La Russie suspend les lancements depuis le cosmodrome de Kourou en réponse aux sanctions européennes.

6h14 : Dans une vidéo diffusée sur Facebook, Volodymyr Zelensky appelle à ne pas déposer les armes et assure être toujours présent à Kiev. « Je suis là. On ne va pas déposer les armes et on va défendre notre pays », déclare-t-il.

6h07 : Plusieurs banques publiques chinoises limitent le financement d’achats de matières premières en Russie par crainte de sanctions occidentales, selon l’agence Bloomberg.

5h57 : Facebook interdit aux médias d’État russes de gagner de l’argent sur sa plateforme. Ils ne pourront plus monétiser ni diffuser des publicités.

5h00 : Le président Volodymyr Zelensky lance un nouvel appel à la mobilisation pour défendre Kiev.

Nous ne pouvons pas perdre la capitale. Je m’adresse à nos défenseurs sur tous les fronts: cette nuit, l’ennemi va utiliser toutes ses forces pour briser notre résistance de la façon la plus vile, dure et inhumaine.

03h00 : Pour lutter contre la désinformation, la Lituanie et la Lettonie interdisent la diffusion de chaînes russes et biélorusses. Lisez le reportage de notre correspondante à Vilnius, Marielle Vitureau. 

2h30 : Les forces ukrainiennes affirment avoir repoussé une « attaque » nocturne de militaires russes contre l’une de leurs positions sur l’avenue de la Victoire, une des principales artères de Kiev.

2h12 : Sept présidents d’Europe centrale et orientale (Pologne, Estonie, Lituanie, Lettonie, Slovaquie, Bulgarie, Hongrie) ont assisté en personne à un sommet à Varsovie, dans l’après-midi de vendredi 25 février. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen était également présente.

Des pays, pour certains frontaliers de l’Ukraine, unis pour dénoncer l’offensive russe et pour tenir pour responsable le Kremlin de « ses actes barbares ». Parmi ces dirigeants, Viktor Orban, le Premier ministre hongrois qui le 1er février, s’était rendu à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine et jouait la carte russe face à l’Union européenne. Mais c’est une amitié entretenue qui appartient désormais au passé.

On voit bien que M. Orban a cessé ses flirts avec la Russie, il s’est complètement aligné avec la politique européenne, d’autant plus qu’il est frontalier de l’Ukraine. C’est par l’Ukraine que les Soviétiques sont entrés en 1944. Il est sûr d’avoir toute la population derrière lui. Je suis persuadée qu’il y a une inquiétude forte

1h30 : Des Canadiens se sont joints vendredi à leur tour au mouvement de solidarité envers l’Ukraine visible ailleurs dans le monde, tandis qu’Ottawa a annoncé une nouvelle salve de sanctions contre la Russie. À Montréal, des dizaines de personnes se sont rassemblées vendredi après-midi pour dénoncer la guerre en Ukraine sous une tempête de neige, criant « Poutine, enlève tes mains de l’Ukraine », sous les fenêtres du Consulat général de Russie, a constaté une journaliste de l’AFP.

En Argentine, près de 2000 personnes, dont des immigrés ukrainiens et Argentins descendants d’Ukrainiens, ont manifesté vendredi à Buenos Aires contre l’invasion de l’Ukraine, demandant face à l’ambassade russe « le retrait inconditionnel » des troupes de « l’assassin » Poutine. « Russes et Ukrainiens avons beaucoup en commun. Alors mon principal sentiment, c’est la colère : la dernière chose que j’imaginais, c’est que les Russes allaient venir tuer mon peuple », déclarait au bord des larmes à l’AFP Tetiana Abramchenko, 40 ans, arrivée avec sa fille en Argentine en 2014, après l’annexion russe de la Crimée.

Selon des données de la diplomatie argentine, la communauté ukrainienne au sens large, entre Ukrainiens et descendants d’immigrants depuis la fin du 19e siècle, est la septième diaspora ukrainienne au monde, avec 450 000 personnes environ. L’immense majorité de cette communauté est toutefois constituée d’Argentins issus de 3e ou de 4e génération d’Ukrainiens.

0h35 « Les soldats doivent retourner dans leurs casernes », a exhorté Antonio Guterres. « L’ONU est née de la guerre pour mettre fin à la guerre. Aujourd’hui, cet objectif n’a pas été atteint ». Mais « nous n’abandonnerons jamais » pour obtenir la paix, a ajouté le numéro 1 des Nations unies, lors d’une brève déclaration aux médias. « Les dirigeants doivent se tourner vers la voie du dialogue et de la paix », a-t-il supplié, notant que « les besoins humanitaires se multiplient et s’étendent d’heure en heure ».

0h10 : À Kiev, la résistance s’organise. Volodymyr Zelensky a décrété la mobilisation militaire générale. Il a appelé les citoyens à se battre pour défendre la souveraineté de leur pays. Témoignages de citoyens en passe de devenir résistants.

Valéry, 46 ans, citoyen désormais officiellement armé : « Je suis citoyen ukrainien. J’ai des valeurs, je crois dans la liberté humaine, je ne veux pas le même destin que la Russie est en train de subir. » Il n’a pas hésité une seconde avant de s’engager.

Nous distribuons et distribuerons des armes à toutes celles et ceux qui veulent défendre notre pays et sa souveraineté. L’avenir de l’Ukraine dépend de chaque citoyen.

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