Échec au baccalauréat 2022 en Guinée : l’analyse d’Aliou Bah

Dans une société où l’échec est la règle et la réussite l’exception, il est naturel que les mentalités ne soient prédisposées qu’à voir le monde sous l’angle du miracle ou de l’impossible.

Malheureusement c’est le cas de notre pays où la plupart des diplômés n’ont pas suffisamment confiance en eux pour entreprendre; ils préfèrent le raccourci qui consiste à se joindre et s’adapter à ce qui existe déjà (la mentalité du CV pour la recherche de l’emploi).

L’une des illustrations en est leur ambition obsessionnelle d’intégrer la fonction publique qui est un environnement non contraignant, pas compétitif et surtout laxiste. Cela veut dire que le pouvoir du décret et des arrêtés administratifs donne accès aux privilèges et opportunités d’enrichissement illicite.

Pour le comprendre davantage, il suffit de prendre deux étudiants issus de la même université avec les mêmes performances académiques. L’un intègre le secteur privé et l’autre l’administration publique. Au bout de 10 ans, il y a une forte possibilité qu’ils soient incomparables en rendement marginal, esprit d’équipe et d’innovation, organisation professionnelle, créativité et confiance en soi; la somme de ce que l’école doit donner à un apprenant.

Alors sur une échelle de 10, le niveau de contribution individuelle à la création de la richesse nationale (PIB/habitant) pourrait être de l’ordre de 9 pour celui du privé et négatif pour celui du public. Donc le premier devient rentable, tandis que le second un fardeau pour le pays pour ne pas dire un danger pour la société.

Un modèle d’administration publique non exigeant en matière de plan de carrière, de discipline, d’éthique et de résultats, ne peut être qu’un réservoir de ratés et une industrie de destruction de talents.

Aliou BAH
#MoDeL

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