Sékou Touré et l’indépendance guinéenne: 25 août 1958,le jour du duel Sékou Touré – De Gaulle

Le 25 août 1958 est une date importante dans l’histoire de la Guinée. Le Général de Gaulle était alors en visite à Conakry, lors d’une tournée de ce qui était alors encore un territoire d’outre-mer, colonisé par la France. Sékou Touré et Charles de Gaulle vont alors tenir deux discours qui vont précipiter les choses en direction de l’indépendance de la Guinée, et ce, à un mois d’un référendum décisif. Retour il y a 60 ans, sur une journée historique en Guinée, avec Maxime Martinez.

Il était 16 h ce jour quand l’avion du Général de Gaulle a posé ses roues sur le tarmac de l’aéroport de Conakry. Il est accueilli par Ahmed Sékou Touré, le président du Conseil de la Guinée d’alors, vêtu d’un costume traditionnel.

 

Après le bain de foule, et une entrevue privée, les deux hommes partent à l’Assemblée territoriale pour prononcer leurs discours respectifs. Sékou Touré est le premier des deux à parler.

Un ton offensif, un discours ciselé et des propos alors audacieux qui vont déplaire au général de Gaulle. Celui qui est alors président du Conseil français réagit immédiatement, en improvisant un discours tout aussi offensif.

 » (…) Nous avons, quant à nous, un premier et indispensable besoin, celui de notre Dignité. Or, il n’y a pas de Dignité sans Liberté, car tout assujettissement, toute contrainte imposée et subie dégrade celui sur qui elle pèse, lui retire une part de sa qualité d’Homme et en fait arbitrairement un être inférieur. NOUS PRÉFÉRONS LA PAUVRETÉ DANS LA LIBERTÉ A LA RICHESSE DANS L’ESCLAVAGE »

Après cette passe d’armes, les relations entre les deux hommes d’État se tendent. De Gaulle confiera même à ses proches en sortant de l’Assemblée territoriale : « Nous n’avons plus rien à faire ici. » Le chef du gouvernement français annule toutes les réceptions prévues, en ne dînant pas avec Sékou Touré, et quitte Conakry le lendemain matin, sans le futur chef d’État guinéen contrairement à ce qui avait été envisagé au départ. Les deux hommes ne se croiseront plus jusqu’à la mort de Gaulle, 12 ans plus tard.

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