L’utilité de l’école se trouve plus dans le développement de l’esprit critique que dans l’apprentissage des notions abstraites.

Dans notre pays, lorsqu’on analyse la capacité de compréhension et de raisonnement dans le débat public, on se rend facilement compte que notre système éducatif est obsolète.

En fait, les programmes académiques prédisposent beaucoup plus les élèves et étudiants à la dépendance, l’incertitude, le doute et la soumission au lieu de développer leur capacité de remise en cause et de critique constructive. C’est pourquoi, la plupart des diplômés de nos écoles aspirent à devenir fonctionnaires de l’administration publique même si celle-ci ne leur offre pas un plan de carrière ambitieux.

De nos jours, l’une des bases du développement est la créativité et l’innovation à travers la liberté d’entreprendre. C’est ce qui explique que sous d’autres cieux, servir toute sa vie l’administration publique est perçu comme un échec.

L’autre mauvaise particularité de notre pays est la motivation non avouée de la plupart des candidats à la fonction publique. Ils aspirent à un statut professionnel permanent sans aucune exigence de résultats; d’où leur intérêt démesuré pour les décrets ou arrêtés de nomination qui donnent l’opportunité de s’enrichir de façon illicite.

Comment pourrait-on résoudre cette problématique ?

> Créer des lycées techniques et des écoles polytechniques d’excellence pour développer des filières à forte valeur ajoutée qui correspondent au potentiel économique et aux objectifs de développement de notre pays;

> Qualifier l’administration publique par des programmes obligatoires de remise à niveau, des tests réguliers de performance et une réforme des modes d’accès aux responsabilités fondamentales (appel d’offre d’emploi contractuel pour les postes de secrétaires généraux, chefs de cabinets, directeurs nationaux);

> Promouvoir la mobilité professionnelle pour réduire la peur de perdre un emploi. Cela en encourageant l’entreprenariat à travers la formation permanente et des programmes incitatifs (garantie de soutien bancaire, avantages fiscaux, primes au résultat…);

> Développer des programmes académiques spécifiques se rapportant sur l’autonomie et la gestion des risques. Cela aura l’avantage de rendre les jeunes plus confiants et audacieux pour les initiatives privées.

Aliou BAH
#MoDeL

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