Poursuites judiciaires contre Alpha Condé et Cie : la rançon de la boulimie du pouvoir !

Renversé par un coup d’Etat militaire, le 5 septembre 2021, le désormais ancien président guinéen, Alpha Condé, doit  faire face à la Justice de son pays.

En effet, déjà poursuivis pour des faits d’atteintes volontaires à la vie humaine, notamment le meurtre, l’assassinat et complicité de meurtre et d’assassinat, des atteintes à la personne, constituées par des disparitions forcées, détention, enlèvement ou tout autre forme de privation de liberté et de complicité, l’ex-président guinéen et compagnie doivent aussi répondre de faits présumés de corruption, d’enrichissement illicite, de blanchiment d’argent, etc. Autant dire que la descente aux enfers ne fait que se poursuivre.

Toutefois, la décision prise par les autorités de Conakry d’engager des poursuites judiciaires contre Alpha Condé et compagnie, apportera, à n’en point douter, du baume au cœur des familles des victimes et des mouvements de défense des droits humains qui avaient commencé à s’inquiéter, redoutant un échange de bons procédés entre l’ex-président et la junte au pouvoir.

Ce, d’autant que le locataire actuel du palais Sékoutoureya était l’un des bras armés du défunt régime. La crainte était d’autant plus justifiée que vouloir juger Alpha Condé pour crimes de sang, paraît risqué pour Mamady Doumbouya qui pourrait ainsi se tirer une balle dans le pied. Maintenant qu’il a osé franchir le pas, on espère qu’il laissera la Justice aller jusqu’au bout en instruisant à charge et à décharge pour que tous ceux qui, in fine, seront reconnus coupables, soient sanctionnés à la hauteur de leur crime.

Cela dit, il faut espérer qu’Alpha Condé et ses co-accusés accepteront de coopérer avec la Justice pour la manifestation de la vérité. Car, ce sont eux qui, aveuglés par le pouvoir, avaient pris sur eux, la lourde responsabilité de mettre le pays à feu et à sang, exacerbant ainsi la haine et la fracture sociale dans un pays où les tensions communautaires ont pignon sur rue.

En tout cas, ce qui arrive à Alpha Condé et compagnie doit servir de leçon à tous les satrapes du continent qui refusent de s’imaginer une autre vie en dehors du pouvoir et sont prêts à marcher sur les cadavres de leurs compatriotes pour conserver leur fauteuil, quand ils ne disposent pas des deniers publics comme d’un legs familial.

Qu’ils comprennent que tôt ou tard, leur passé finira par les rattraper. S’il avait accepté, à l’issue de ses deux mandats constitutionnels, de faire valoir ses droits à la retraite, Alpha Condé serait peut-être en train de se la couler douce actuellement auprès de ses petits-enfants, loin des fourches caudines de la Justice où l’ont conduit malheureusement ses propres errements. Il l’a cherché et il l’a trouvé. Qu’il s’assume donc pleinement ! C’est la rançon de la boulimie du pouvoir.

Par Le Pays

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