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19 millions de premiers ministres ! (Par Amadou Keita)

Lorsque l’on considère la vaste étendue de la Guinée, il est inévitable de se pencher sur la figure de son Premier ministre, Monsieur Bah Oury. Sa récente nomination soulève une question fondamentale : est-il destiné à réussir ? Mais, hélas, cette interrogation est trop souvent confinée aux limites étroites de la réussite personnelle de l’homme d’État, négligeant ainsi le bien commun.

Il est de coutume que les hommes politiques, par leurs actions et leurs décisions, ne laissent guère de place à la réflexion collective. Leurs succès semblent se limiter à leur propre personne, à leur famille et à leur cercle rapproché, avant de s’étendre, peut-être, à leur famille politique. Ainsi, la réussite du Premier ministre semble lointaine et étrangère à la vie quotidienne du citoyen lambda.

Cette perception des affaires publiques est symptomatique d’un malaise plus profond, un cercle vicieux d’incertitude qui plane sur la nation depuis les troubles de 2007. Prenons l’exemple du Sily National sous la houlette de Kaba Diawara : un entraîneur qui, se croyant infaillible, persiste dans une stratégie contestée et exclut des joueurs sans explication. Il prétend que l’équipe progresse, mais dès que la critique s’élève, la réponse est invariable : “Kaba est le coach, il est le seul maître à bord.”

Cette même attitude se retrouve, malheureusement, dans les sphères de la gouvernance. À la tête d’un ministère, certains individus se croient seuls détenteurs du pouvoir de changement, s’attribuant des titres tels que “meilleur ministre de la décennie” ou “ministre réformateur”.

La véritable question à se poser est donc la suivante : doit-on seulement espérer que Bah Oury réussisse, ou devons-nous, en tant que peuple, prendre part à cette réussite ? Cette interrogation, si elle était prise au sérieux, pourrait répartir la responsabilité de la réussite du Premier ministre parmi tous les Guinéens.

Pour incarner ce changement de paradigme, Bah Oury doit inciter les Guinéens à comprendre que le Premier ministre n’est pas un homme, mais l’incarnation de la volonté du peuple. Il doit faire preuve d’une transparence sans précédent et dédier son mandat au peuple de Guinée. Son parti doit élaborer une stratégie de communication visant à convaincre les citoyens que la réussite de Monsieur Bah est essentielle.

En somme, la question n’est pas tant de savoir si Bah Oury peut réussir, mais plutôt s’il doit réussir. Et pour cela, il faudrait que le Premier ministre accepte l’idée de partager son rôle avec 19 millions de Guinéens.
#PresidenceGN

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