Guinée-Bissau : l’armée justifie son coup d’État et affirme avoir sauvé le pays d’un complot politico-narcotrafiquant
L’armée bissau-guinéenne affirme avoir déjoué une opération impliquant des acteurs politiques et des réseaux de narcotrafic. Arrestations, suspension du processus électoral et fermeture des frontières plongent le pays dans une crise d’une ampleur inédite.
La situation demeure extrêmement confuse ce mardi à Bissau, où l’armée dit avoir mis au jour une « tentative de déstabilisation » visant les institutions de la Guinée-Bissau. Selon les premières informations, plusieurs personnalités politiques et militaires ont été interpellées dans la matinée, dont le président Umaro Sissoco Embaló lui-même, désormais placé en détention par une frange des forces armées.
Parmi les figures arrêtées figureraient également Domingos Simões Pereira, leader du PAIGC et principal opposant politique, écarté de la dernière élection présidentielle, ainsi que Fernando Dias, candidat indépendant qui revendique toujours sa victoire au double scrutin présidentiel et législatif du 23 novembre. Les deux hommes auraient été appréhendés pour leur supposée implication dans des réseaux cherchant à déstabiliser le pays en collusion avec des circuits de narcotrafic, une menace récurrente dans l’archipel.
Face à la gravité de la situation, l’armée a ordonné la suspension immédiate du processus électoral en cours, tandis que les frontières du pays ont été fermées jusqu’à nouvel ordre. Aucune communication officielle n’est venue préciser la nature exacte du complot allégué, ni l’état de santé ou la localisation des responsables arrêtés.
Dans une capitale verrouillée, les habitants tentent d’obtenir des informations fiables alors que des rumeurs contradictoires circulent. La communauté internationale, elle, suit de près l’évolution d’une crise qui risque de fragiliser un peu plus un pays habitué aux turbulences politico-militaires.
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