Présidentielle du 28 décembre : la DGE mobilise 10 000 observateurs pour garantir la transparence du scrutin
À cinq jours du vote décisif qui doit sceller le retour à l'ordre constitutionnel en Guinée, la Direction Générale des Élections (DGE) a réuni, ce mardi 23 décembre à Conakry, l'ensemble des missions d'observation nationales et internationales. L'objectif de cette session d'orientation est de baliser le terrain pour les quelques 10 000 observateurs accrédités, véritables garants de la crédibilité du processus électoral.
C’est une étape cruciale avant l’ouverture des bureaux de vote. Dans une atmosphère solennelle, marquée par une minute de silence en mémoire des « martyrs de la démocratie », la Direction Générale des Élections a lancé les dernières manœuvres pour la surveillance du scrutin présidentiel.
Face à un parterre diplomatique et institutionnel représentatif – incluant la CEDEAO, l’Union européenne, l’OIF, le système des Nations Unies ainsi que le Parlement africain – la Directrice générale des Élections, Madame Camara Djenabou Touré, a planté le décor d’une élection qui se veut historique.
Un déploiement massif et technologique
Pour couvrir les 23 662 bureaux de vote disséminés sur le territoire national, la DGE a vu les choses en grand. Grâce à une nouvelle plateforme numérique d’accréditation, l’institution a validé la participation d’environ 10 000 observateurs issus d’une centaine d’organisations.
Ce dispositif « juridique, institutionnel et opérationnel », selon les mots de la Directrice générale, vise à assurer un scrutin « libre, transparent et inclusif ». Chaque observateur, désormais identifié et doté d’un badge et d’un guide, aura la lourde tâche de suivre le processus de bout en bout, de l’acheminement du matériel jusqu’à la centralisation des résultats.

Rigueur, neutralité et collaboration
Au-delà des chiffres, cette session visait surtout à rappeler les règles du jeu. Madame Touré a insisté sur la nécessité pour les observateurs de maîtriser le nouveau cadre légal, né de l’adoption de la nouvelle Constitution et du Code électoral révisé.
Le message passé aux équipes est sans équivoque : l’observation doit se faire avec « professionnalisme, neutralité et objectivité ». La DGE a également mis en avant son partenariat stratégique avec la société civile et les médias, matérialisé par des conventions de financement pour soutenir leur travail de veille citoyenne.

La société civile satisfaite
Cette démarche d’ouverture a été saluée par les acteurs nationaux. Gabriel Haba, responsable du Conseil national des organisations de la société civile (CNOCS), s’est félicité de cette initiative au sortir de la rencontre. Il y voit une « pratique démocratique » salutaire, indispensable pour asseoir la légitimité du futur président et crédibiliser la sortie de transition.
Alors que la campagne touche à sa fin, les regards sont désormais tournés vers ce dimanche 28 décembre, où ces milliers d’observateurs seront les yeux et les oreilles du monde sur la démocratie guinéenne.