« Mamadi Doumbouya n’a aucune majorité » : Faya Millimono rejette le scrutin et dénonce une « fraude organisée »
Au lendemain du vote du 28 décembre, le leader du Bloc Libéral (BL) est monté au créneau ce lundi pour rejeter par avance la légitimité des résultats. Dénonçant une élection verrouillée par les autorités et qualifiant le bilan du président sortant de « cauchemar », Dr Faya Millimono dresse un réquisitoire sans concession contre Mamadi Doumbouya et le processus électoral.
La bataille des urnes est à peine terminée que celle de l’opinion commence. Interrogé ce lundi 29 décembre sur sa volonté de reconnaître les futurs résultats proclamés par la Direction générale des élections et la Cour suprême, Dr Faya Millimono s’est montré catégorique : pour lui, le président sortant ne dispose d’aucune légitimité populaire.
« Mamadi Doumbouya n’a aucune majorité »
Face à la presse, le candidat du Bloc Libéral a ironisé sur la campagne du Chef de l’État, qu’il juge inexistante. « Mamadi Doumbouya n’a aucune majorité en Guinée. La preuve, il n’a même pas quitté son palais pour faire campagne », a fustigé l’opposant. Selon lui, ce silence traduit une absence de vision : « Il n’a rien à dire aux Guinéens. Il n’a aucun projet pour la Guinée. »
L’opposant a particulièrement ciblé le projet Simandou, souvent présenté comme le joyau du mandat sortant, qu’il qualifie désormais de mirage économique. « Ils promettaient le paradis, mais c’est devenu un cauchemar », assène-t-il. Chiffres à l’appui, Faya Millimono pointe la précarité de l’emploi lié au projet : « Sur la soixantaine de milliers d’emplois créés temporairement, quarante-cinq mille se sont volatilisés. Eux-mêmes semblent avoir peur de communiquer là-dessus aujourd’hui. »
Des « fraudes systématiques » dénoncées par l’opposition
Au-delà de la critique du bilan, c’est la sincérité du scrutin du 28 décembre 2025 qui est au cœur des accusations du Bloc Libéral et de ses alliés. Dans une déclaration commune publiée ce lundi, la coalition dénonce avec « la plus grande fermeté » de graves irrégularités ayant entaché le vote.
Pour les signataires, ce scrutin s’éloigne radicalement des standards démocratiques. Ils décrivent des « pratiques frauduleuses, systématiques et organisées », orchestrées selon eux par un trio composé des autorités administratives, électorales et sécuritaires.
L’observation électorale entravée
Le point de friction majeur demeure l’exclusion des témoins de l’opposition. Le BL rapporte que ses délégués et observateurs ont été « arbitrairement empêchés d’exercer leur mission », tant dans les bureaux de vote que dans les commissions administratives de centralisation des votes (CACV).
Pour le camp de Faya Millimono, l’objectif de cette manœuvre est clair : « Cette obstruction délibérée visait manifestement à soustraire le processus électoral à tout contrôle indépendant. » Une situation qui laisse présager une crise post-électorale majeure, alors que l’attente des résultats officiels ne fait que commencer.
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