Scrutin du 28 septembre : Dr Faya Millimono dénonce un « brigandage électoral » et rejette la crédibilité du vote
Au lendemain du vote du 28 septembre, le ton se durcit au sein de l'opposition. Le Dr Faya Millimono, candidat du Bloc Libéral (BL), dresse un bilan accablant des opérations électorales. Dénonçant des intimidations militaires, des violences contre ses partisans et des preuves flagrantes de bourrages d'urnes, il qualifie le processus de « brigandage » et prévient que les résultats à venir seront dénués de toute légitimité.
Par la Rédaction
La colère ne retombe pas au quartier général du Bloc Libéral. Pour son leader, Dr Faya Millimono, le scrutin du 28 septembre restera marqué par une série d’irrégularités massives qui entachent, selon lui, la sincérité du vote. Loin de l’exercice démocratique espéré, le candidat décrit une véritable mascarade, n’hésitant pas à employer le terme fort de « brigandage électoral ».
Militaires dans les bureaux et violation du secret du vote
Au cœur des accusations portées par le leader du BL figure l’ingérence directe des forces de l’ordre dans le processus. Dr Millimono rapporte une présence militaire oppressante dans de nombreux bureaux de vote, transformant le devoir citoyen en acte sous contrainte.
« Lorsque vous rentrez, on vous dicte pour qui voter », s’indigne-t-il, décrivant des scènes où le secret de l’isoloir a été systématiquement violé. « Dans certains endroits, on exigeait des électeurs qu’ils montrent leur bulletin. Si le choix ne convenait pas, on ordonnait au président du bureau de fournir un nouveau bulletin pour rectifier le vote. »
Arrestations et violences contre les observateurs
Face à ce climat délétère, l’état-major du Bloc Libéral affirme avoir changé de stratégie le jour du vote, optant pour une « infiltration » du terrain afin de documenter les fraudes. Une initiative qui, selon Dr Millimono, a valu à ses partisans une répression immédiate.
Ceux qui ont tenté de contester ou de dénoncer les pratiques en cours auraient été « molestés, violentés et arrêtés ». Plusieurs militants ont ainsi passé la nuit dans des commissariats ou gendarmeries. Si des négociations ont permis la libération de certains, comme Abdourahmane Bangoura relâché à Gbessia, ces incidents témoignent, pour l’opposant, d’une volonté de museler les témoins gênants.
Vidéos virales et marchandages de voix à Kissidougou
Pour étayer ses propos, le candidat s’appuie sur la circulation d’images et de vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux. Ces documents montreraient des individus procédant eux-mêmes au cochage, au pliage et à l’introduction des bulletins dans les urnes, sans aucun contrôle.
L’un des cas les plus emblématiques cités par Dr Millimono se serait déroulé à Kissidougou. Il évoque une vidéo compromettante où le président d’un bureau de vote, en plein bourrage d’urnes, recevrait des instructions téléphoniques pour manipuler les chiffres. « On lui demande combien de voix le BL a obtenues. Il répond 17. Son interlocuteur lui suggère de diminuer, et il propose alors de descendre à 12 voix », relate le candidat, stupéfait par le cynisme de la manœuvre.
Un rejet préventif des résultats
Pour le Dr Faya Millimono, la conclusion est sans appel : le processus est vicié dans son essence même. « Tout cela n’est que de la démagogie », martèle-t-il. En conséquence, le Bloc Libéral annonce d’ores et déjà qu’il ne reconnaîtra pas la validité des chiffres officiels.
« Vous devez savoir que les premiers résultats qui seront annoncés ne seront issus d’un processus ni libre, ni transparent, ni crédible », a-t-il averti, laissant présager une contestation post-électorale houleuse.
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