Livre choc : Tibou Kamara révèle comment Ousmane Kaba a échappé de justesse à la prison sous Alpha Condé
Témoin privilégié de la chute d’Alpha Condé et figure incontournable de la scène politique guinéenne, Tibou Kamara brise le silence. Dans son ouvrage événement intitulé « Le Coup d’État contre Alpha Condé », l’ancien ministre d’État livre des secrets explosifs sur les coulisses du pouvoir. Parmi les révélations les plus retentissantes : les dessous de l’affaire des bourses étudiantes qui a failli conduire le Dr Ousmane Kaba derrière les barreaux, sauvé in extremis par des calculs politiques.
C’est un pavé dans la mare que vient de lancer Tibou Kamara. Journaliste de renom devenu conseiller personnel puis ministre influent, l’auteur a vécu de l’intérieur les dernières heures du régime Condé. Dans son livre de plus de 300 pages, il ne se contente pas de raconter la fin d’un règne ; il exhume des dossiers sensibles qui éclairent d’un jour nouveau les relations, parfois exécrables, entre les acteurs politiques actuels.
Au chapitre VI de l’ouvrage, Tibou Kamara revient sur un épisode de haute tension impliquant le fondateur de l’Université Kofi Annan, Dr Ousmane Kaba, et l’ex-président Alpha Condé.
Le scandale des bourses et la colère d’Alpha Condé
Selon l’ancien ministre, l’origine de l’affaire remonte à l’audit du fichier des étudiants boursiers de l’État dans les universités privées, piloté par le ministre de l’Enseignement supérieur de l’époque, Yéro Baldé. Ce rapport avait mis en lumière de « malversations grossières » au sein de l’écosystème éducatif.
Tibou Kamara écrit : « Si des agents publics étaient auteurs et complices, les bénéficiaires étaient les partenaires des universités privées, principalement Ousmane Kaba, qui recevait le plus grand nombre d’étudiants boursiers de l’État. »
Pour Alpha Condé, alors en froid avec son ancien collaborateur, cet audit sonnait comme l’heure des comptes. Le Président voyait là l’opportunité de « rabattre le caquet » à celui qui cultivait une image d’intégrité, qualifiée d’homme aux « mains propres » par l’opinion publique.
Le veto politique de Kassory Fofana
L’ouvrage révèle que le dossier judiciaire était prêt et que des poursuites auraient dû être engagées contre l’entrepreneur politique. Cependant, la machine judiciaire s’est grippée au sommet de l’État, bloquée par le pragmatisme politique du Premier ministre d’alors, Ibrahima Kassory Fofana.
Ce dernier s’est fermement opposé à l’arrestation d’Ousmane Kaba, arguant que « ce n’était pas politiquement opportun » d’inquiéter une figure majeure de la Haute-Guinée en période électorale. Kassory Fofana craignait de créer un « émoi » dans les fiefs traditionnels du pouvoir.
Une approche qui a provoqué l’ire d’Alpha Condé. L’auteur rapporte la réplique cinglante du Président à son Premier ministre : « Je ne veux pas d’un parent voleur ». Malgré ses protestations contre cette entrave à l’action judiciaire, Alpha Condé a dû céder, faute de temps.
Une hostilité post-régime expliquée ?
Tibou Kamara conclut ce chapitre par une analyse psychologique de l’acharnement actuel d’Ousmane Kaba contre l’ancien président déchu. Pour l’auteur, cette animosité trouverait sa source dans la peur.
« Si le professeur Alpha Condé avait eu un peu plus de temps au pouvoir, il aurait saisi la justice contre le fondateur de l’université Kofi Annan », assure Tibou Kamara. Il suggère que Dr Ousmane Kaba, conscient de l’existence de ces dossiers compromettants, s’en prendrait aujourd’hui à Alpha Condé pour s’assurer une tranquillité d’esprit, « comme s’il ne pouvait vivre tranquille que si le professeur Alpha Condé […] disparaissait. »
Ces révélations risquent de faire grand bruit à Conakry et de relancer le débat sur la gestion des deniers publics sous l’ancien régime, tout en écorchant l’image de certains leaders politiques actuels.
Par la Rédaction
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