Ce qui s’est récemment joué autour du président vénézuélien Nicolás Maduro dépasse largement la personne d’un chef d’État. C’est une scène lourde de sens pour le droit international, pour la souveraineté des nations et pour l’équilibre déjà fragile des relations internationales.
Voir un président en exercice, représentant d’un État souverain, traité comme un criminel de droit commun, transféré et exposé au mépris des principes fondamentaux du droit international, constitue une humiliation politique majeure. Au-delà de l’homme, c’est tout un peuple qui se retrouve symboliquement atteint, nié dans sa dignité et sa capacité à disposer de lui-même.
Le monde assiste, presque impuissant, à une nouvelle étape de la guerre du pétrodollar. Une guerre silencieuse, mais brutale, dans laquelle la domination monétaire se transforme en instrument de contrainte politique. À ce jeu dangereux, l’administration de Donald Trump a démontré jusqu’où elle était prête à aller pour préserver la suprématie du dollar et maintenir l’ordre économique qui lui est favorable.
Ce qui choque le plus n’est peut-être pas l’acte lui-même, mais le silence qui l’entoure. Un silence complice, gêné, parfois calculé, de la part de nombreux États et institutions internationales. Où sont les défenseurs autoproclamés du droit international lorsque celui-ci est ouvertement piétiné ? Qui ose encore invoquer la justice et la légalité face à la rigidité idéologique et à l’unilatéralisme assumé de ce que certains décrivent désormais comme un pouvoir impérial ?
Cette affaire pose une question fondamentale : le droit international est-il encore un socle commun, ou n’est-il devenu qu’un outil à géométrie variable, brandi ou ignoré selon les intérêts des plus puissants ? Tant que cette question restera sans réponse, c’est l’idée même d’un ordre mondial fondé sur des règles qui continuera de s’effriter sous nos yeux.