Le Premier ministre de transition, Bah Oury, continue de susciter la polémique. Cette fois, il s’illustre à l’occasion du décès du professeur Albert Bourgi, éminent agrégé de droit et intellectuel engagé. Figure influente, le défunt fut un proche de longue date de nombreuses personnalités politiques africaines, notamment de l’ancien président guinéen Alpha Condé, dont il demeura l’un des confidents les plus écoutés.
Selon Bah Oury, le regretté professeur aurait conseillé à l’ancien chef de l’État de ne pas briguer un troisième mandat. « En vain », précise-t-il, avant de conclure par cette formule lourde de sous-entendus : « On connaît la suite… »
Pourtant, qui ne connaît pas la « suite » de la propre trajectoire de Bah Oury ? Une aventure que beaucoup qualifient aujourd’hui de naufrage politique. N’a-t-il trouvé aucun mentor, aucun conseiller pour le dissuader de soutenir le parjure constitutionnel, la confiscation du pouvoir et ce reniement aussi spectaculaire que flagrant de ses combats d’hier ?
Bah Oury semble avoir égaré ses repères au point de livrer des souvenirs confus. Il va jusqu’à confondre feu Babacar Touré, fidèle compagnon de lutte du professeur Alpha Condé, avec un certain Babacar Diop. Une méprise révélatrice d’un égarement plus profond.
Lorsqu’on s’éloigne de ses principes, on finit par perdre la maîtrise de ses paroles et de ses actes. Là encore, l’issue est aisément prévisible. Attendons de voir. Car l’Histoire, implacable, nous l’a suffisamment enseigné : les mêmes causes produisent irrémédiablement les mêmes effets.
Souleymane SOUZA KONATÉ.