Législatives au Bénin : plus de 7 millions d’électeurs appelés aux urnes pour un scrutin décisif
Les Béninois votent ce dimanche 11 janvier pour renouveler les 109 sièges de l’Assemblée nationale. Cinq partis sont en lice à ce scrutin marqué par un enjeu majeur pour l’opposition, soumise à un seuil électoral élevé, et par un important dispositif sécuritaire, incluant la fermeture des frontières terrestres.
À la veille d’un rendez-vous électoral présenté comme stratégique, plus de 7 millions d’électeurs béninois sont attendus dans les bureaux de vote ce dimanche 11 janvier pour élire les députés à l’Assemblée nationale. Cinq formations politiques sont en compétition : le Bloc Républicain, l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), le Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (Moele‑Bénin), les Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE) et Les Démocrates.
Au terme d’une campagne électorale dense, marquée par une multiplication de meetings, de promesses et d’appels au vote, ces partis se disputent les 109 sièges que compte le Parlement. La majorité présidentielle, déjà largement dominante à l’Assemblée, vise à conforter, voire étendre, son emprise sur l’hémicycle. En face, l’opposition, essentiellement incarnée par Les Démocrates, ambitionne de renverser le rapport de forces en conquérant la majorité des sièges.
Un objectif particulièrement ardu, dans la mesure où, selon les dispositions du Code électoral, la formation d’opposition doit obtenir au moins 20 % des suffrages exprimés dans chacune des 24 circonscriptions électorales pour espérer être représentée au Parlement. Un seuil qui rend la bataille électorale d’autant plus décisive pour son avenir politique.
Pendant que Les Démocrates jouent leur survie parlementaire, les partis de la mouvance présidentielle et les FCBE — qui se présentent comme une opposition modérée — ont déjà verrouillé une partie de leur avenir politique en signant des accords de coalition parlementaire. Ces alliances leur permettent d’aborder plus sereinement le seuil des 20 % exigé, limitant ainsi le risque de rester hors de l’Assemblée nationale.
En parallèle des législatives, les communales se tiennent également ce dimanche. Seuls trois partis sont autorisés à participer à ce scrutin local : le Bloc Républicain, l’Union Progressiste le Renouveau et les Forces Cauris pour un Bénin Émergent, confirmant là encore la place centrale de ces formations dans l’architecture politique actuelle.
Sur le plan sécuritaire, les autorités ont annoncé une série de mesures destinées à encadrer le déroulement du vote. Dans un communiqué publié vendredi 9 janvier, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Alassane Seidou, a indiqué que les frontières terrestres seront fermées « du dimanche 11 janvier à 00 heure au lundi 12 janvier à 06 heures ». Les débits de boissons, établissements assimilés ainsi que les marchés resteront également fermés durant cette période.
Le ministre a appelé la population au respect strict de ces dispositions, prises, selon lui, « dans l’intérêt de la paix, de la sécurité et du bon déroulement du scrutin ». Autant de signaux qui témoignent de la sensibilité de ce double scrutin, appelé à redessiner le paysage politique national pour les prochaines années.