C’est un discours de rupture avec les tensions du passé et de projection vers l’avenir qu’a prononcé Mamadi Doumbouya ce samedi à Conakry. Désormais président élu, l’homme fort de la Guinée a profité de la tribune de son investiture pour tendre la main à l’ensemble de la classe politique et sociale, martelant que le temps de la confrontation devait laisser place à celui de la construction.
« La Guinée est une et indivisible. Elle restera notre fierté et notre richesse », a lancé le président, conscient des défis de cohésion nationale qui l’attendent. Fidèle à une rhétorique d’apaisement, il a réitéré sa disponibilité au dialogue : « Ma main reste toujours tendue à toutes les filles et fils de la Guinée. On ne construit pas une nation dans la division et on ne bâtit pas la prospérité sur la haine. »
Femmes et jeunesse : le pacte social
Au-delà de l’appel à l’unité, le président Doumbouya a défini les cibles prioritaires de son action sociale. Il a symboliquement dédié son mandat aux femmes guinéennes, qu’il qualifie de « force motrice » de l’économie et de la société. « Il n’y a pas de développement durable sans la pleine participation des femmes », a-t-il insisté, rendant hommage à ces « mères qui se battent chaque jour ».
L’autre pilier de ce nouveau contrat social est la jeunesse. Promettant de massifier les investissements dans l’éducation et la formation, le Chef de l’État a prévenu : « Un pays qui abandonne sa jeunesse compromet son avenir ». Il s’engage ainsi à bâtir des « écoles de référence » pour offrir des perspectives concrètes à une génération en quête d’avenir.
Simandou 2040 : le grand chantier économique
Mais le cœur du projet présidentiel réside dans l’économie, avec une pierre angulaire : le programme « Simandou 2040 ». Mamadi Doumbouya veut sortir la Guinée de la malédiction des matières premières brutes pour entrer dans l’ère de la transformation locale.
« Nous avons fait un choix historique : transformer nos ressources naturelles en richesses humaines, nos minerais en emplois, nos rails en opportunités », a-t-il déclaré avec emphase. Pour le président, ce projet titanesque ne doit pas être une rente pour une élite, mais un outil de justice sociale : « Simandou n’est pas un projet pour quelques-uns, c’est un projet pour chaque Guinéen. »
L’exigence de la reddition des comptes
Enfin, le Chef de l’État a conclu son allocution en abordant la question sensible de la gouvernance. Promettant de rompre avec les mauvaises pratiques, il a annoncé l’avènement d’une « nouvelle culture politique » fondée sur la compétence et, surtout, la « rédevabilité ».
« L’État restera parce qu’il sera juste. L’autorité sera forte parce qu’elle sera exemplaire », a promis Mamadi Doumbouya, s’engageant à diriger avec intégrité pour bâtir des institutions solides. Un serment qu’il devra désormais traduire en actes pour répondre aux immenses attentes des populations.