À l’approche de l’investiture de Mamadi Doumbouya, prévue ce samedi 17 janvier au stade de Nongo, les signaux d’un changement de gouvernement se multiplient à Conakry. Selon des sources proches de l’exécutif, le Premier ministre Bah Oury a clairement laissé entendre, lors du dernier conseil interministériel tenu cette semaine, que la fin de l’équipe en place était imminente.
La réunion, décrite par un participant comme ayant eu des « allures d’adieu », aurait été l’occasion pour le chef du gouvernement d’annoncer, sans ambiguïité, qu’il s’agissait du dernier conseil qu’il présiderait « sous la configuration actuelle ». Une formule largement interprétée comme la préparation de la démission collective du gouvernement, dans la foulée de l’installation officielle du président élu.
Cette démission interviendrait après la cérémonie au cours de laquelle la Cour suprême doit proclamer et entériner l’entrée en fonction de Mamadi Doumbouya, vainqueur de la présidentielle du 28 décembre, pour un mandat de sept ans.
Dans le même esprit, il aurait été demandé à l’ensemble des membres du gouvernement de préparer leurs dossiers de passation de services, afin de faciliter l’installation de leurs successeurs le moment venu. Une instruction adressée « à tous les ministres, sans exception », selon nos informations, ce qui alimente les spéculations sur l’ampleur du remaniement à venir.
Cette perspective suscite des interrogations, voire un certain trouble, au sein de l’équipe sortante. Certains ministres affirment avoir été rassurés par le chef de l’État lors de la cérémonie de présentation des vœux du gouvernement, au cours de laquelle Mamadi Doumbouya aurait laissé entendre que plusieurs d’entre eux seraient reconduits. Seraient notamment concernés les cinq ministres nommés juste avant les scrutins référendaire et présidentiel, auxquels le président aurait alors garanti une forme de continuité.
Lors de cette même rencontre, l’homme du palais Mohamed V avait toutefois aussi évoqué le renvoi de plusieurs membres du gouvernement, tout en indiquant que certains pourraient être appelés à d’autres responsabilités au sein de l’appareil d’État.
En attendant l’annonce de la nouvelle équipe gouvernementale, qui devrait intervenir après l’investiture du président pour la durée de son mandat légal, les tractations vont bon train. D’un côté, des personnalités politiques et administratives cherchent à intégrer la future formation ; de l’autre, des ministres en poste espèrent être maintenus dans leurs fonctions.
Entre attente, incertitude et lobbying discret, la recomposition de l’exécutif s’annonce comme la prochaine grande séquence politique de la Guinée post-présidentielle.