Investiture présidentielle : le Procureur général détaille le cadre constitutionnel et les engagements du Chef de l’État
Par Morlaye Damba
Conakry : Lors de l’audience solennelle de prestation de serment du Président de la République élu, le Procureur général près la Cour suprême, Sidy Souleymane Ndiaye, a présenté les observations du ministère public, en rappelant avec précision le fondement constitutionnel et institutionnel de cette étape majeure de la vie politique guinéenne.
Dans son intervention, le Procureur général a souligné que la cérémonie d’investiture s’inscrit dans la continuité du référendum du 21 septembre 2025, par lequel le peuple de Guinée a adopté, à 99,38 %, la nouvelle Constitution. Ce texte fondamental, a-t-il rappelé, définit les règles essentielles de l’État, l’organisation des pouvoirs publics ainsi que les droits et libertés des citoyens, marquant un acte fort de souveraineté nationale et une large mobilisation populaire.
Sidy Souleymane Ndiaye a indiqué que, conformément à cette nouvelle Constitution, la mise en place des institutions républicaines s’opère progressivement. C’est dans ce cadre que le corps électoral a été convoqué pour l’élection présidentielle, organisée parmi neuf candidats régulièrement validés par la Cour suprême. À l’issue du scrutin du 28 décembre 2025, la haute juridiction, par l’arrêt n°01 du 4 janvier 2026, a proclamé Mamadi Doumbouya élu Président de la République de Guinée pour un mandat de sept ans.
Revenant sur la portée symbolique de la cérémonie du 17 janvier 2026, tenue au stade Général Lansana Conté de Nongo, le Procureur général a estimé qu’il s’agit d’un moment historique pour la Nation. Il a rappelé que, selon l’article 79 de la Constitution, le Président de la République est officiellement installé dans ses fonctions après avoir prêté serment lors de la cérémonie d’investiture.
Il a également précisé que l’article 196 de la Constitution confère compétence à la Cour suprême pour recevoir le serment présidentiel. En attendant l’installation complète des institutions prévues par la Loi fondamentale, les organes de la Transition continuent d’exercer leurs missions conformément à la Charte de la Transition, afin d’assurer la continuité de l’État et le fonctionnement régulier des institutions.
Le Procureur général a, par ailleurs, dressé le profil du Président élu, Mamadi Doumbouya, présenté comme un officier de carrière, expert en sécurité, formé dans des académies internationales de renom et animé par une volonté affirmée de servir la Nation. À la tête de l’État depuis quatre ans, il a, selon lui, conduit le processus de retour de la Guinée à l’ordre constitutionnel.
Insistant sur la portée juridique du serment présidentiel, Sidy Souleymane Ndiaye a rappelé que cet engagement solennel oblige le Chef de l’État à respecter et à faire respecter la Constitution, à garantir les libertés publiques et les droits fondamentaux, mais aussi à préserver l’indépendance nationale, la continuité de l’État, la stabilité des institutions ainsi que la sécurité des personnes et des biens. Il a assuré que la justice veillera au respect strict de ces engagements, socle de l’État de droit.
Au terme de ses observations, le ministère public a requis que la Cour suprême invite officiellement Mamadi Doumbouya à prêter le serment constitutionnel. À l’issue de cette formalité, le Président élu est déclaré régulièrement installé dans ses fonctions de Président de la République de Guinée pour un mandat de sept ans.