Incidents à Rabat : 17 supporters sénégalais jugés en flagrant délit, la police nationale veille au grain
La fête a tourné court dans les tribunes du stade Moulay Abdellah. Après une finale électrique remportée par le Sénégal mais marquée par de violents heurts sur fond de contestation arbitrale, 17 supporters des Lions ont été interpellés à Rabat. Jugés ce mardi en flagrant délit, ils bénéficient de l'assistance discrète mais cruciale d'une mission de police sénégalaise dépêchée sur place.
Le sacre continental du Sénégal restera entaché par les images de chaos dans les gradins. La finale de la 35ᵉ édition de la CAN, disputée ce dimanche à Rabat, a dégénéré lorsque la colère des 3 000 supporters sénégalais a éclaté face aux décisions de l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo (but refusé puis penalty concédé).
Les affrontements qui ont suivi avec les stadiers et les forces de l’ordre marocaines ont conduit à une vague d’arrestations. Selon le quotidien sénégalais L’Observateur, dix-sept supporters ont été placés en garde à vue au commissariat central de Rabat pour « trouble à l’ordre public ».
Jugement immédiat
Si la situation est tendue, une issue rapide semble se dessiner. D’après les informations rapportées par le journal du Groupe Futurs Médias (GFM), aucune information judiciaire longue n’a été ouverte. Les dix-sept prévenus doivent comparaître dès ce mardi 20 janvier devant la justice marocaine, sous le régime de la comparution immédiate (flagrants délits).
Des policiers sénégalais en « tampon »
Dans cette procédure, les supporters ne sont pas livrés à eux-mêmes. Leurs dossiers sont suivis de très près par une équipe de quatre officiers de la police sénégalaise, présents sur le sol marocain.
Invités par Rabat dans le cadre du Centre de coopération policière internationale — un dispositif similaire à celui déployé lors des JO de Paris – ces officiers jouent un rôle stratégique de médiation.
Leur mission est claire : servir de « tampon » entre les autorités marocaines et la ferveur parfois débordante des supporters sénégalais. Rompus à la gestion des groupes comme le « 12 Gaïndé », « Allez Casa » ou « Lébou-gui », ils travaillent en coulisses pour apaiser les tensions, éviter les incompréhensions culturelles et faciliter le dénouement de cet incident diplomatico-sportif.