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Guinée : un jeu de chaises ministérielles sous couvert de remaniement

La récente nomination partielle du gouvernement de la Transition s’inscrit moins dans une logique de rupture que dans une recomposition stratégique, où confirmations, redéploiements et mises à l’écart traduisent les arbitrages politiques du pouvoir exécutif.

L’un des faits majeurs de ce remaniement est le retour de Dr Diaka Sidibé au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Un retour qui ne constitue toutefois pas une éviction d’Alpha Bacar Barry, bien au contraire. Ce dernier se voit confier un méga-ministère élargi, regroupant le Ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation (MEPU-A) ainsi que celui de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Cette concentration inédite de compétences fait d’Alpha Bacar Barry l’un des pivots centraux de la politique éducative de la Transition, avec un pouvoir accru sur l’ensemble de la chaîne de formation.

Sur le plan économique, Mourana Soumah, ancien ministre des Finances, remplace à la fois Fana Soumah et Rose Pola Pricemou

Dans le secteur de la Jeunesse et des Sports, le maintien de Cellou Baldé à la Jeunesse, désormais élargi au département des Sports en remplacement de Bogola Haba, révèle une volonté de centralisation politique de ce champ stratégique, souvent perçu comme sensible sur le plan social. La reconduction de Moussa Moïse Sylla confirme, quant à elle, une approche de continuité dans les secteurs où l’exécutif estime les équilibres déjà stabilisés.

Plusieurs figures clés demeurent solidement ancrées au sein de l’appareil gouvernemental. Ousmane Gaoual Diallo conserve le ministère des Transports tout en restant porte-parole du gouvernement, confirmant son rôle de maillon essentiel de la communication politique de la Transition. Ibrahima Kalil Condé, maintenu au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), continue d’incarner la maîtrise du processus administratif et électoral, un enjeu majeur à l’approche des prochaines étapes de la Transition.

Mais ce remaniement partiel se distingue aussi par des absences lourdes de sens politique. Le Général Bassir Diallo, jusque-là en charge de la Sécurité, ne figure pas dans cette première vague de nominations, alimentant les spéculations sur une possible réorganisation du dispositif sécuritaire. De même, l’absence de Rose Pola Pricemou, ancienne ministre de des Postes, Télécommunications et de l’Économie numérique, confirme un repositionnement politique en attente au sein de l’architecture gouvernementale.

Au final, ce remaniement apparaît comme un acte de gestion politique fine, combinant continuité, redistribution de pouvoirs et mises en réserve stratégiques.

Il laisse entrevoir d’éventuels ajustements à venir, dans une Transition où chaque nomination répond autant à des impératifs techniques qu’à des équilibres politiques soigneusement calibrés.

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