AFRIKENTREPRENEURS.COM
La Vraie Information, c'est ICI

CRIEF : Mohamed Lamine Bangoura à la barre, l’origine de sa fortune et de ses immeubles passée au crible

L’ancien président de la Cour constitutionnelle a comparu ce lundi pour répondre d’un détournement présumé de 20 milliards GNF. S’il a reconnu avoir perçu des fonds publics durant son mandat, la justice exige désormais la preuve que ses propriétés à Dakar et Nongo n’ont pas été financées illégalement.

CONAKRY – C’était une comparution très attendue au sein de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Ce lundi 23 février, Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle, a dû s’expliquer sur la gestion des fonds alloués à son institution et justifier un patrimoine immobilier conséquent. Poursuivi pour un détournement présumé de plus de 20 milliards de francs guinéens, l’ex-haut magistrat fait face à des questions incisives de la partie civile.

Des flux financiers reconnus par l’accusé

À la sortie de l’audience, Me Pépé Antoine Lamah, avocat de la partie civile, a fait le point sur les déclarations de l’ancien président de la Cour constitutionnelle. Selon l’avocat, Mohamed Lamine Bangoura n’a pas nié l’existence des fonds incriminés.

« Dans son récit et sa défense au fond, il a reconnu que la Cour recevait une subvention trimestrielle. Il a également admis la perception de montants compris entre 3 et 5 milliards de francs guinéens lors des scrutins électoraux », a rapporté l’avocat au micro de nos confrères de VisionGuinee. Plus encore, l’accusé a confirmé l’existence d’une subvention annuelle de fonctionnement de l’ordre de 20 milliards de francs guinéens.

Un patrimoine immobilier sous surveillance

Si l’existence des fonds est avérée, c’est leur utilisation qui est au cœur du litige. « Nous allons demander des explications par rapport à la justification de l’utilisation de ces fonds. C’est la raison de notre présence », a martelé Me Lamah.

L’instruction se concentre désormais sur la « licéité » des biens acquis par le Dr Bangoura durant son mandat. Deux propriétés immobilières, en particulier, suscitent la curiosité des juges et de la partie civile : un immeuble situé à Dakar, au Sénégal, acquis pour plus de 400 millions de francs CFA, et un autre édifice imposant à Nongo (Conakry), estimé à plus de 3 milliards de francs guinéens.

La Cour devra déterminer si ces acquisitions sont le fruit d’investissements légitimes ou le résultat d’un enrichissement illicite puisé dans les caisses de l’État.

Les commentaires sont fermés.

error: Contenu protégé!!