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Supporters sénégalais au Maroc : Ousmane Sonko dénonce un traitement inéquitable et espère une grâce royale

Le Premier ministre sénégalais a brisé le silence concernant la détention de ses compatriotes au Maroc. Tout en réaffirmant l’engagement de l’État à résoudre cette crise par la voie diplomatique, Ousmane Sonko a questionné l’équité du procès et appelé à un apaisement entre deux nations « frères ».

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Le dossier des supporters sénégalais incarcérés au Maroc prend une tournure résolument politique. Face à l’inquiétude grandissante de l’opinion publique, le Premier ministre Ousmane Sonko est monté au créneau pour clarifier la position de Dakar. Loin de minimiser les faits, le chef du gouvernement a tenu à rassurer : l’État a activé tous les leviers nécessaires pour assister ses ressortissants.

Cependant, pour Ousmane Sonko, cette affaire « dépasse le cadre sportif ». Si le football reste un vecteur de passion, il ne saurait, selon lui, devenir un facteur de discorde durable entre le Sénégal et le Maroc, deux pays liés par une histoire et une amitié séculaires.

Une sévérité qui interroge

Le Premier ministre n’a pas manqué de soulever des interrogations quant à la gestion judiciaire de cet incident. Évoquant des doutes sur « l’équité du procès », il s’est interrogé sur la pertinence d’interjeter appel, tout en dénonçant, en filigrane, une forme de deux poids, deux mesures.

Pour étayer son propos, Ousmane Sonko a dressé un parallèle avec les incidents survenus lors des derniers Jeux Olympiques en France. Il a rappelé qu’un match impliquant le Maroc avait été interrompu près de deux heures suite à un envahissement de terrain par des supporters marocains, sans que cela n’entraîne des sanctions judiciaires d’une telle lourdeur. « Ce n’est pas salutaire pour deux pays qui se disent frères. L’amitié se paie par l’amitié », a-t-il lancé, appelant Rabat à un traitement plus équilibré.

La carte de la diplomatie : grâce ou transfèrement

Au-delà du constat, le chef du gouvernement a esquissé les issues possibles pour sortir de l’impasse. La piste privilégiée reste celle d’une intervention du Roi du Maroc. « Si le souverain décidait, à l’issue des discussions diplomatiques, d’accorder une grâce, le Sénégal s’en réjouirait », a-t-il indiqué.

Dans le cas contraire, Dakar envisage d’activer les accords bilatéraux de coopération judiciaire. Ces mécanismes pourraient permettre aux détenus de purger le reste de leur peine sur le sol sénégalais, via une procédure de transfèrement.

Le respect de la souveraineté avant tout

Fidèle à une ligne de conduite pragmatique, Ousmane Sonko a toutefois rappelé les limites de l’action gouvernementale face à la justice d’un pays tiers. « Le Sénégal ne peut rien imposer au Maroc », a-t-il admis, insistant sur le respect de la souveraineté du Royaume chérifien.

Refusant toute escalade verbale, il a martelé que la solution ne viendrait pas de la force mais du dialogue : « Nous ne pouvons pas régler la situation avec des bazookas au Maroc, mais avec diplomatie. » Une déclaration qui se veut un appel au calme et à la retenue, rappelant au passage que des ressortissants marocains sont également détenus dans les prisons sénégalaises, soulignant ainsi l’interdépendance des deux États sur les questions judiciaires.

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