Dotée de richesses naturelles exceptionnelles, la Guinée semble pourtant prisonnière d’un cycle d’instabilité chronique. Dans cette réflexion sans concession, l’auteur pointe du doigt la responsabilité collective d’une société où le mensonge est érigé en stratégie de réussite et où les élites, au lieu de servir, se servent, plongeant le pays dans un éternel recommencement.
Par la Rédaction (Inspiré du livre , le Coup d’Etat contre Alpha Condé, de l’auteur Tibou Kamara)
C’est l’histoire d’un contraste saisissant, presque biblique. Si l’on devait juger la Guinée à l’aune de ses potentialités, on dirait que le Créateur a choisi cette terre pour y déverser une affection particulière, la comblant de toutes les richesses imaginables. Pourtant, face à cette générosité divine, une partie des Guinéens semble avoir fait le choix conscient de la division, optant pour l’autodestruction plutôt que la construction commune.
Une nature généreuse, une société fracturée
Le constat est amer : le pays a été “gâté” par la nature, au sens noble du terme, mais la société, elle, s’est engagée sur la voie du péril. Alors que le sous-sol regorge de trésors et que la terre est fertile, l’inertie guinéenne confine au surplace. Le pays semble condamné à la spirale infernale de l’éternel recommencement, incapable de capitaliser sur ses acquis pour bâtir un avenir pérenne.
La prime au mensonge et la faillite morale
Le mal qui ronge la Guinée est profond. Il réside dans la faillite de ses dirigeants qui se trompent de voie, mais surtout de ses élites qui trompent le peuple. Une inversion des valeurs s’est installée : dans l’arène publique guinéenne, l’honnêteté est devenue une faiblesse.
Désormais, c’est celui qui maîtrise le mieux l’art de la duplicité qui tire son épingle du jeu. Le mensonge est devenu un ascenseur social ; celui qui ment avec aplomb triomphe de tous, sans jamais craindre pour une réputation qui, paradoxalement, se nourrit de cette imposture mercantilement entretenue.
La loi du plus fort comme seule règle
Dans ce système où les repères sont brouillés, le citoyen ordinaire, celui qui ne détient ni influence ni pouvoir, est condamné à l’invisibilité. Il ne peut se sentir ni aimé, ni respecté.
La Guinée souffre d’une confusion des valeurs et d’une collusion des intérêts qui ont instauré une règle unique : la loi du plus fort. C’est le règne insidieux des égos surdimensionnés et des égoïsmes forcenés, reléguant l’intérêt général au rang d’une lointaine utopie. Pour sortir de l’impasse, il faudra sans doute plus qu’un changement de régime : un véritable réarmement moral.