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Carnet noir : L’armée en deuil après le décès en France du Colonel Kader Doumbouya

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Les forces armées perdent l’une de leurs figures tutélaires. Le Colonel Kader Doumbouya s’est éteint ce mardi 6 janvier 2026 à Toulouse, à l’âge de 77 ans. Formé au croisement des blocs de l’Est et de l’Ouest, vétéran du front libérien, cet officier supérieur laisse derrière lui le souvenir d’un stratège rigoureux au service de la Nation.

C’est une page de l’histoire militaire qui se tourne discrètement à Toulouse. Le Colonel Kader Doumbouya a rendu son dernier soupir ce mardi à la clinique Saint-Exupéry, dans le sud de la France, où il était hospitalisé. Né le 5 septembre 1948, il avait 77 ans.

Au-delà de l’annonce de sa disparition, c’est le parcours singulier de cet officier qui retient l’attention, témoignant d’une époque où la formation des élites militaires africaines se jouait sur l’échiquier mondial.

Une formation d’exception : de l’URSS aux États-Unis

Le Colonel Doumbouya appartenait à cette génération d’officiers pour qui l’uniforme était un sacerdoce. Mais ce qui distinguait particulièrement son profil, c’était la richesse et la diversité de sa formation académique et stratégique.

Naviguant à travers les clivages géopolitiques de la seconde moitié du XXe siècle, il a acquis ses galons en parcourant les grandes puissances militaires. Son cursus l’a mené successivement dans l’ex-URSS, en République populaire de Chine, puis aux États-Unis. Ce triptyque de formation — fait rare pour un officier de sa génération — lui a permis de développer une vision globale des enjeux sécuritaires, alliant la rigueur soviétique, la stratégie chinoise et le pragmatisme américain.

L’épreuve du feu au Liberia

Loin de se cantonner aux théories des écoles de guerre, le Colonel Kader Doumbouya était avant tout un homme de terrain. Sa carrière a été marquée par son déploiement sur plusieurs théâtres d’opérations régionaux, dans des contextes souvent volatils.

Il s’est particulièrement illustré lors de la guerre civile au Liberia, une mission périlleuse où les contingents ouest-africains ont payé un lourd tribut. Sur le front, sa réputation était celle d’un chef au sang-froid inébranlable, partageant le quotidien et les risques de ses hommes, refusant les privilèges de son rang pour privilégier l’efficacité opérationnelle.

Ses pairs et subordonnés gardent de lui l’image d’un officier intègre, incarnant la discipline et la loyauté envers l’institution militaire. Avec sa disparition, l’armée perd une mémoire vive et un modèle de leadership pour les jeunes générations d’officiers.

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