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Sofia : Le président Roumen Radev démissionne pour se lancer dans l’arène politique

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La crise politique bulgare vient de connaître un nouveau rebondissement spectaculaire. Alors que le pays se dirige vers ses huitièmes élections législatives en cinq ans, le président Roumen Radev a annoncé, ce lundi 19 janvier, sa démission immédiate. Une manœuvre stratégique qui confirme ses ambitions de former son propre parti pour “nettoyer” la classe politique.

Selon plusieurs analystes, c’est un pari risqué, mais calculé, que vient de lancer l’homme fort de Sofia. Ce lundi 19 janvier, dans une allocution solennelle, le président bulgare Roumen Radev, 62 ans, a annoncé qu’il quittait ses fonctions. « Demain, je présenterai ma démission de mes fonctions de président de la République de Bulgarie », a-t-il déclaré.

Cette démission sera officiellement déposée mardi 20 janvier devant la Cour constitutionnelle. Si la procédure aboutit, c’est la vice-présidente Iliana Iotova qui assurera l’intérim jusqu’à la présidentielle prévue en novembre prochain. Mais pour Radev, qui devait rester en poste jusqu’en janvier 2027, l’objectif est ailleurs : il troque son habit de chef d’État, fonction essentiellement protocolaire, pour celui de chef de parti.

« La classe politique a trahi »

L’ancien pilote de chasse, élu en 2016 et réélu en 2021, ne cachait plus son exaspération face à l’instabilité chronique du pays. « La classe politique actuelle a trahi les espoirs des Bulgares », a-t-il fustigé lors de son discours, appelant à un « nouveau contrat public ».

Cette rhétorique anti-système prépare le terrain pour le lancement de sa propre formation politique. Radev, connu pour son scepticisme concernant l’adhésion de la Bulgarie à l’euro, entend se positionner comme le sauveur d’une nation rongée par la corruption et la pauvreté. « La bataille pour l’avenir de la patrie nous attend (…). Nous sommes prêts, nous en sommes capables et nous réussirons », a-t-il lancé à ses futurs électeurs.

Un pays ingouvernable

Ce coup d’éclat intervient dans un contexte de paralysie totale des institutions. Vendredi 16 janvier, le parti de la minorité turque (APS) a jeté l’éponge, échouant lors de la troisième et dernière tentative constitutionnelle pour former un gouvernement. « Nous rendons le troisième mandat non rempli », avait avoué Hayri Sadakov, actant l’impasse.

Cette faillite politique fait suite à la démission du précédent exécutif le 11 décembre dernier, emporté par une vague de manifestations massives contre la corruption endémique.

La Bulgarie s’apprête donc à organiser de nouvelles élections législatives anticipées — les huitièmes en seulement cinq ans — probablement fin mars ou en avril. En démissionnant maintenant, Roumen Radev se libère de sa réserve présidentielle pour plonger directement dans la campagne, espérant capitaliser sur le ras-le-bol généralisé des Bulgares.

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