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Iran : Donald Trump et le piège de l’ego (Par Th. Hamidou Bah)

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Alors que les tensions montent d’un cran entre Washington et la République islamique, la stratégie de Donald Trump interroge autant qu’elle inquiète. Prisonnier de sa propre image d’homme fort, le locateur de la Maison Blanche pour la Sème fois, et peut-être la dernière semble naviguer à vue, confondant parfois la victoire électorale avec la victoire militaire. Une équation périlleuse où la psychologie d’un seul homme pourrait embraser tout le Moyen-Orient.

Donald Trump comprend-il vraiment ce que signifie « gagner » contre l’Iran ? La question, brutale, mérite d’être posée alors que les menaces fusent de nouveau. Car dans l’esprit du milliardaire, la victoire ne se mesure pas toujours en gains territoriaux ou stratégiques, mais en audimat et en perception. Gagner contre Téhéran, ce n’est pas une simple transaction immobilière, ni une partie de plaisir : c’est un bourbier historique dont nul ne sort indemne.

Pourtant, la mécanique trumpiste est en marche. Les menaces militaires s’accompagnent, comme à l’accoutumée, d’une pression politique et économique maximale. Mais ira-t-il au bout ? Pour décrypter les intentions de Trump, il ne faut pas regarder les cartes d’état-major, mais son profil psychologique.

La dictature de l’image

Une attaque décisive contre l’Iran, ou du moins la menace crédible d’une telle action, dépend en fin de compte d’un besoin viscéral chez Trump : celui de dominer l’attention. Sa carrière politique, tout comme son empire médiatique, repose sur un postulat simple : sa base électorale vénère les « hommes forts ». Dans cette vision binaire du monde, la nuance est une trahison et tout signe de modération s’apparente à un aveu de faiblesse.

Trump sait que ses déclarations maximalistes peuvent sembler folles aux yeux des observateurs rationnels. Mais il sait aussi qu’elles cimentent son illusion de force. Cette « folie » apparente est une méthode. C’est ce qui a fonctionné pour lui jusqu’ici : saturer l’espace, effrayer l’adversaire par l’imprévisibilité et revendiquer la victoire avant même que le combat n’ait commencé.

L’incompréhension européenne et le risque régional

C’est ici que le fossé se creuse avec le Vieux Continent. Les élites européennes, formées à la rationalité diplomatique, peinent à intégrer ce logiciel. Elles sombrent dans des accès de colère ou de sidération face à ce qu’elles perçoivent comme de l’incohérence, là où Trump ne voit que du marketing politique.

Mais la géopolitique n’est pas un show télévisé. Si Donald Trump se trompe dans ses calculs, s’il confond la réalité du terrain avec la ferveur de ses meetings, les conséquences seront désastreuses. L’Arabie Saoudite et Israël, alliés traditionnels mais exposés en première ligne, observent ce jeu de poker menteur avec une anxiété croissante.

Que diront Riyad ou Tel-Aviv si l’attaque promise se transforme en échec cuisant ou en guerre régionale incontrôlable ? Si la dissuasion échoue et que les missiles pleuvent, l’image de l’homme fort ne suffira pas à éteindre l’incendie. Trump joue avec le feu persan, persuadé qu’il peut contrôler les flammes par la seule force de sa rhétorique. Le risque est immense : celui de découvrir, trop tard, que l’Iran n’est pas un concurrent commercial que l’on peut intimider, mais une puissance résiliente prête à faire payer le prix fort à l’Amérique et à ses amis.

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