Le Conseil national de sécurité (CNS) s’est réuni ce jeudi 12 février 2026 au Palais de la Présidence de la République, sous la présidence du chef de l’État, Alassane Ouattara, pour examiner le bilan sécuritaire de la période 2012-2025.
Selon le communiqué final, l’indice moyen annuel de sécurité est passé de 3,6 en 2012 à 1,53 en 2025, soit une amélioration de 77,5 % en treize ans. Un progrès que le CNS interprète comme le signe d’un renforcement continu de la stabilité sur l’ensemble du territoire.
Cette évolution positive est attribuée aux réformes engagées par le gouvernement depuis 2012 et aux nombreuses opérations de sécurisation menées à travers le pays. Figurent parmi les priorités la lutte contre la grande criminalité, la délinquance juvénile, le trafic de stupéfiants, les menaces terroristes, l’orpaillage illégal, ainsi que, plus récemment, les opérations contre la fuite des produits agricoles vers les pays frontaliers.
Le Conseil a également mis en avant les efforts consentis pour augmenter les effectifs des Forces de défense et de sécurité (FDS), renforcer leur professionnalisation, moderniser leurs équipements et étendre les infrastructures sécuritaires, afin d’assurer une couverture nationale jugée plus efficace.
En ouverture de cette première réunion de l’année, le Premier ministre a présenté les vœux du nouvel an au président de la République au nom des membres du CNS, réaffirmant leur engagement à faire de la Côte d’Ivoire un « espace de paix et de sécurité ». En retour, Alassane Ouattara a félicité les membres du Conseil pour leur contribution à la stabilité du pays, saluant notamment la nomination du ministre de la Défense au poste de vice-Premier ministre et la promotion du chef d’État-major général des Armées au grade de général d’Armée.
Le chef de l’État a aussi rendu hommage aux FDS pour leur rôle dans la sécurisation de l’élection présidentielle et des législatives de 2025, mettant en avant leur posture dissuasive et une réaction qualifiée d’« adaptée et proportionnée » face aux incidents enregistrés.
Malgré ce bilan globalement jugé « très satisfaisant », le CNS a pointé plusieurs motifs de préoccupation, au premier rang desquels la persistance d’un nombre élevé d’accidents de la circulation sur la période 2012-2025. Le Premier ministre doit présenter prochainement en Conseil des ministres un ensemble de mesures d’envergure visant à réduire drastiquement l’accidentalité routière.
La réunion a également abordé la question de l’afflux de réfugiés en provenance des pays voisins, notamment le Burkina Faso, la Guinée, le Mali et le Ghana. Le nombre total de demandeurs d’asile sur le territoire ivoirien dépasse désormais 115 000, selon le CNS. Face à cette situation, le secrétaire exécutif du Conseil a été chargé de poursuivre la coordination de l’enregistrement biométrique et de l’assistance humanitaire, avec l’appui des partenaires internationaux. Cette aide concerne à la fois les demandeurs d’asile, les communautés ivoiriennes hôtes et l’organisation de retours volontaires, à l’image de ceux déjà menés avec le Ghana.
Parallèlement, le chef d’État-major général des Armées a reçu instruction de renforcer le dispositif sécuritaire aux frontières nord. Le Conseil a toutefois relevé l’insuffisance de la couverture en réseaux de communication électronique dans certaines zones frontalières, ce qui freine le déploiement optimal des dispositifs de sécurité.
Pour y remédier, le président de la République a demandé l’accélération du Programme national de connectivité rurale (PNCR) et l’étude de solutions de type « satellite à mobile » pour parvenir à une couverture intégrale du territoire.
Au terme des travaux, Alassane Ouattara s’est félicité des progrès réalisés en matière de sécurisation du pays, tout en appelant les acteurs concernés à maintenir et intensifier leurs efforts afin de garantir durablement aux populations un environnement apaisé et sûr.