Liberté de la presse en Guinée : 517 jours sans nouvelles de Habib Marouane Camara, le cri de détresse de son épouse
Alors que la Guinée a célébré, dimanche 3 mai, la Journée mondiale de la liberté de la presse, la famille du journaliste Habib Marouane Camara continue de vivre dans l’angoisse. Porté disparu depuis 517 jours, son sort demeure inconnu, malgré les discours officiels appelant à croire en une presse libre et protégée.
La Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée dimanche 3 mai, a été marquée en Guinée par des déclarations officielles se voulant rassurantes. À cette occasion, le président de la Haute autorité de la communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a salué l’engagement des autorités en faveur d’un environnement médiatique plus libre.
Selon lui, le président de la transition, Mamadi Doumbouya, aurait imprimé une vision claire visant à garantir l’exercice d’une presse libre en Guinée.
Mais pour la famille de Habib Marouane Camara, journaliste porté disparu depuis plus d’un an, cette journée internationale n’a rien eu d’une célébration. Elle a plutôt ravivé une douleur profonde, faite d’attente, d’incertitude et de questions restées sans réponse.
Dans une déclaration empreinte d’amertume, son épouse, Mariama Lamarana Diallo, a dénoncé le contraste entre les discours officiels et la réalité vécue par sa famille.
« Journée mondiale de la liberté de la presse ? Pendant ce temps, mon mari journaliste est porté disparu depuis maintenant 517 jours. Jour pour jour, chaque minute qui passe, il y a toute une famille qui ne se lasse pas de tendre l’oreille, espérant avoir une nouvelle de leur journaliste disparu », a-t-elle déclaré.
Au-delà de la profession journalistique, la disparition de Habib Marouane Camara est devenue un drame familial. Son épouse décrit un foyer brisé par l’absence, avec des enfants privés de la présence de leur père depuis de longs mois.
« Journée mondiale de la liberté de la presse ? Pendant ce temps, il y a des enfants qui ont cessé de voir leur père journaliste depuis plus d’un an. L’inadmissible dans tout ça, c’est qu’il y a une fille qui n’a encore jamais senti la présence de son papa journaliste dans sa vie. D’ailleurs, dans ses premiers mots, on ne l’a jamais entendue prononcer le mot papa parce que, tout simplement, elle n’y est pas habituée », a-t-elle déploré.
La détresse touche également les parents du journaliste, vivant loin de Conakry. Selon Mariama Lamarana Diallo, leur quotidien est désormais rythmé par l’angoisse et les interrogations sur le sort de leur fils.
« Journée mondiale de la liberté de la presse ? Pendant ce temps, à des centaines de kilomètres de Conakry, il y a des parents dont l’âge très avancé ne passe plus inaperçu. Submergés par l’angoisse, le stress et le désespoir, N’na et Baba ne dorment plus paisiblement. Des nuits blanches à n’en point finir, avec des questions sans réponses : où se trouve leur fils journaliste ? Comment va-t-il ? », a-t-elle confié.
Alors que les autorités affirment leur volonté de promouvoir la liberté de la presse, le cas de Habib Marouane Camara continue de susciter de vives inquiétudes. Pour ses proches, aucune célébration ne saurait effacer l’urgence d’une réponse claire sur sa disparition.
517 jours après, la famille du journaliste réclame toujours la vérité.