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OGP : Les dessous du limogeage surprise d’Aladji Cellou Camara malgré un bilan record

Le limogeage d’Aladji Cellou Camara de la direction générale de l’Office guinéen de publicité (OGP), après seulement dix-huit mois d’exercice, suscite l'incompréhension à Conakry. Malgré un passif colossal hérité à son arrivée, le dirigeant sortant laisse derrière lui une régie financièrement assainie et profondément modernisée. Enquête sur un départ paradoxal.

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Conakry, juillet 2026. C’est une décision qui continue de faire des vagues dans les milieux économiques et politiques guinéens. Le départ forcé d’Aladji Cellou Camara de la tête de l’Office guinéen de publicité (OGP) interroge. En seulement un an et demi de gestion, l’ancien directeur général est parvenu à redresser une barque administrative et financière pourtant jugée moribonde à son arrivée, signant l’un des bilans les plus rigoureux de l’histoire de cette entreprise publique.

De l’asphyxie financière à l’excédent budgétaire

Lorsqu’il prend les rênes de l’OGP, Aladji Cellou Camara hérite d’une situation critique : un gouffre financier marqué par un passif estimé à près de 80 milliards de francs guinéens (GNF) et, plus grave encore pour le climat social interne, six mois d’arriérés de salaires non versés.

Dix-huit mois plus tard, la thérapie de choc a produit ses effets. Le passif a été spectaculairement ramené à 14 milliards de GNF – un reliquat correspondant exclusivement à des engagements contractés par ses prédécesseurs. Sous sa houlette, l’office a non seulement apuré ses comptes, mais s’est également acquitté de 14 milliards de GNF de taxes envers l’État guinéen, tout en injectant 35 milliards de GNF dans le paiement régulier des salaires, sans accumulation de nouvelles dettes. Au 30 juin 2026, l’impensable s’est produit : l’OGP affichait une trésorerie excédentaire de 13 milliards de GNF, pour un capital social initialement établi à seulement 2 milliards.

Révolution numérique : une première historique depuis 1986

Au-delà de l’assainissement comptable, Aladji Cellou Camara a engagé une modernisation structurelle sans précédent. Pour la première fois depuis la création de l’office en 1986, l’espace publicitaire guinéen est sorti de l’informel. L’ensemble des panneaux publicitaires du pays a été recensé, géolocalisé et numérisé.

Cette digitalisation offre désormais à l’État une cartographie dynamique et infalsifiable de son patrimoine publicitaire, verrouillant les processus de contrôle et optimisant le recouvrement des redevances. Pour soutenir cette réforme sur le terrain, une cinquantaine de motos ont été déployées dans les agences régionales, démultipliant la mobilité et l’efficacité des agents de recouvrement.

Alors que les résultats de cette gestion rigoureuse commençaient à peine à porter leurs fruits, ce limogeage surprise pose une question de fond : dans les régies financières de l’État, la performance technique suffit-elle face aux arbitrages politiques ?

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