Fraude au bac 2026 à Forécariah : 23 condamnations, une peine ferme et un message « dissuasif » du parquet
Le tribunal de première instance de Forécariah a tranché, ce lundi, dans le dossier de fraude lié au baccalauréat 2026 : 23 prévenus ont été condamnés à des peines majoritairement assorties de sursis, tandis qu’un principal mis en cause écope d’une peine ferme. Le parquet salue une décision « dissuasive » et appelle parents et encadreurs à la responsabilité.
Forécariah. Le tribunal de première instance (TPI) de Forécariah a rendu, ce lundi, son verdict dans l’affaire de fraude et de complicité de fraude liée à la session 2026 du baccalauréat. Vingt-trois (23) prévenus, dont deux jeunes filles et plusieurs mineurs accompagnés de leurs parents, ont comparu devant la juridiction correctionnelle, appelée à se prononcer sur une série de faits jugés graves par le parquet.
Téléphones, appareils électroniques et sujets « corrigés »
Selon les éléments débattus à l’audience, les mis en cause étaient poursuivis notamment pour détention et introduction frauduleuse de téléphones portables et d’appareils électroniques dans des centres d’examen, obtention illicite de sujets corrigés, ainsi que pour un cas de substitution de candidat. Lors de l’audience du vendredi 3 juillet, candidats et complices avaient reconnu les faits.
Réquisitions sévères du parquet, clémence demandée par la défense
Dans ses réquisitions, le procureur de la République, Mamadou Lamine Diallo, avait adopté une ligne ferme. En s’appuyant sur les articles 19, 20 et 680 du Code pénal, il avait requis deux ans d’emprisonnement ferme et 2,5 millions de francs guinéens (GNF) d’amende pour chacun des prévenus.
La défense avait, pour sa part, plaidé la clémence et sollicité des peines assorties de sursis, en invoquant les articles 116 et 117 du même code.
Des peines modulées selon les responsabilités
Statuant en premier ressort, le tribunal a finalement opté pour une réponse pénale graduée, en fonction du degré d’implication retenu :
- Premier groupe (4 prévenus) : 6 mois d’emprisonnement avec sursis simple et 1 million de GNF d’amende chacun ;
- Deuxième groupe (18 prévenus) : 1 an d’emprisonnement avec sursis et 1 million de GNF d’amende chacun ;
- Principal concerné (Kabinet Chérif) : 5 mois d’emprisonnement ferme et 3 millions de GNF d’amende.
« Une leçon pour d’éventuels candidats »
À l’issue de l’audience, le procureur Mamadou Lamine Diallo s’est dit satisfait d’un verdict qu’il souhaite exemplaire. « Par rapport aux candidats, la décision qui a été rendue, nous estimons qu’elle est satisfaisante et que ça sera une leçon pour d’éventuels candidats », a-t-il déclaré, tout en soulignant que les droits de la défense avaient été « scrupuleusement respectés ».
Le magistrat a enfin lancé un appel à la responsabilité collective, visant à la fois les familles et les encadreurs : « Nous demandons particulièrement aux parents d’être très humbles à l’avenir et de miser sur la formation. Quant aux encadreurs, de respecter leurs serments, de respecter ce pour quoi ils sont payés par l’État ».