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Recrutement de 8 000 enseignants en Guinée : Aboubacar Soumah crie à la trahison et sonne l’alerte syndicale

Face au projet gouvernemental de recrutement de plus de 8 000 enseignants, le leader du SLECG, Aboubacar Soumah, est monté au créneau ce samedi 21 septembre à Conakry. Dénonçant une violation flagrante des accords signés avec l’exécutif, l’intersyndicale de l’éducation menace de rompre la trêve et prépare la riposte.

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CONAKRY – Le spectre d’une nouvelle crise sociale plane-t-il sur l’école guinéenne ? À l’occasion d’un point de presse convoqué en urgence ce samedi 21 septembre par l’intersyndicale de l’éducation, Aboubacar Soumah, secrétaire général du SLECG (Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée), n’a pas mâché ses mots. En ligne de mire : les récentes annonces gouvernementales encadrant l’intégration de plus de 8 000 nouveaux enseignants dans la fonction publique.

Pour la figure de proue de la contestation syndicale, les modalités retenues par les autorités constituent un dangereux coup de canif dans le contrat social établi entre le gouvernement et le corps enseignant.

Un protocole d’accord mis à mal

Le désaccord porte sur le respect du protocole d’accord arraché de haute lutte par les partenaires sociaux. Selon Aboubacar Soumah, l’exécutif tente de s’affranchir des dispositions pourtant formellement validées par les deux parties.

« Nous avons tenu à organiser ce point de presse afin d’exprimer notre position face à cette violation, qui est aujourd’hui de nature à compromettre la mise en œuvre du protocole d’accord signé par le ministre Bourouno lui-même, en sa qualité de signataire », a martelé le leader syndical devant un parterre de journalistes.

Refusant de cautionner ce qu’il qualifie d’« unilatéralisme », le syndicaliste estime que la défense des droits fondamentaux des travailleurs du secteur éducatif exige une posture de fermeté absolue :
« L’appel d’aujourd’hui est un point d’honneur, parce qu’il s’agit du système éducatif et de nos droits qui sont en passe d’être violés. Nous ne pouvons pas baisser les bras face à cette situation. »

Vers une rentrée sous haute tension ?

Pour l’intersyndicale, toute démarche gouvernementale qui s’écarterait du cadre convenu constitue un motif légitime de mobilisation générale. « Si une telle annonce est faite concernant un recrutement qui ne respecte pas les dispositions indiquées dans notre protocole d’accord, il est de notre droit le plus absolu de nous réunir pour répondre à cette situation », prévient le secrétaire général du SLECG.

Loin d’un coup d’éclat isolé, cette sortie médiatique reflète, selon ses promoteurs, l’exaspération grandissante de la base. Aboubacar Soumah a ainsi précisé que cette prise de position traduisait fidèlement les résolutions adoptées lors des récentes assemblées générales du corps enseignant.

En posant cet ultimatum à l’orée d’échéances scolaires cruciales, le front syndical renvoie la balle dans le camp des autorités ministérielles. Reste à savoir si le gouvernement ouvrira la voie à des concertations pour désamorcer la fronde, ou si l’école guinéenne se dirige vers un nouveau bras de fer.

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