CONAKRY – Coup de vis majeur dans le paysage médiatique numérique guinéen. Face à la prolifération de chaînes de diffusion non régulées sur internet, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a décidé de sévir avec fermeté. À l’issue de sa séance plénière tenue ce lundi à Conakry, l’institution a ordonné l’arrêt immédiat des activités de plusieurs médias numériques opérant dans l’illégalité.
Cette mesure disciplinaire sans appel fait suite au constat d’activités audiovisuelles menées sans agrément préalable ni autorisation officielle d’exploitation. Selon l’instance de régulation, les promoteurs des organes incriminés se sont illustrés par un « refus persistant » de se conformer aux avertissements et sommations répétés de l’autorité de tutelle.
Préserver la déontologie et protéger les médias conformes
Dans sa décision, la HAC justifie cette offensive réglementaire par la nécessité de sauvegarder l’éthique journalistique et de garantir une concurrence loyale dans le secteur.
Pour le régulateur, il s’agit avant tout de « garantir le respect de la réglementation en vigueur et de préserver les médias régulièrement établis », souvent pénalisés par cette diffusion sauvage. Afin d’assurer l’effectivité de ces sanctions, la HAC a formellement instruit les autorités administratives locales ainsi que ses points focaux régionaux de veiller à l’application stricte et sans délai de cette décision d’interdiction.
Un coup de filet étendu aux régions de l’intérieur
La mesure d’interdiction concerne un spectre large de médias répartis entre la capitale et plusieurs localités de l’intérieur du pays, avec une forte concentration dans la région de la Haute-Guinée.
Liste des 10 Web TV interdites de diffusion :
Deux sites d’actualité également sous le coup d’un bannissement :
En vertu de l’article 2 de la décision, les plateformes d’information www.dabolainfo.com et www.guinee24plus.com sont également frappées d’interdiction pour s’être muées, sans cadre légal, en chaînes de streaming vidéo (Web TV).
Par cette décision d’envergure, l’autorité de régulation envoie un signal clair à l’ensemble de l’écosystème numérique : le développement de la presse en ligne en Guinée ne pourra plus s’affranchir des exigences juridiques et professionnelles requises par la loi.