Chers (e) Guinéens, notre histoire nous appartient, notre avenir dépend de nous
A l’heure où la Guinée cherche les voies de son avenir, un impératif s’impose : retrouver la force de son histoire, dépasser les fractures et replacer l’intérêt national au-dessus des appartenances particulières. Cet appel au sursaut collectif interpelle particulièrement la jeunesse et l’invite à devenir non plus spectatrice, mais actrice d’une Guinée unie, souveraine, responsable et maîtresse de son destin.
Mes chers frères et sœurs de Guinée,
Il est des moments dans la vie d’une Nation où le devoir commande de dépasser nos différences, nos appartenances et nos intérêts particuliers pour regarder ensemble dans une seule direction : celle de la Patrie.
Il est des moments où un peuple doit se souvenir de ce qu’il est, comprendre d’où il vient et décider, avec courage et lucidité, de ce qu’il veut devenir.
Je veux aujourd’hui vous parler de cette conscience nationale, de notre histoire, de notre unité. Et surtout, de notre responsabilité devant l’avenir.
Car je demeure profondément convaincu d’une chose :
« Un peuple naît de la conscience inébranlable de ses racines, de son identité et de sa détermination absolue à ne jamais laisser personne réécrire son histoire. »
1.Nous devons savoir qui nous sommes
Mes chers frères et sœurs de Guinée,
La Guinée n’est pas seulement un territoire délimité par des frontières.
La Guinée est une histoire. Elle est une mémoire. Elle est une diversité de peuples, de langues, de cultures et de traditions réunis autour d’un destin commun.
Elle est aussi l’héritage des générations qui nous ont précédés, de leurs sacrifices, de leurs espérances, de leurs victoires comme de leurs erreurs.
Nous devons connaître cet héritage. Nous devons l’enseigner. Nous devons le transmettre.
Non pas pour rester enfermés dans le passé, mais pour y puiser la conscience nécessaire à la construction de notre avenir.
Car lorsqu’un peuple ne connaît plus suffisamment son histoire, d’autres finissent par la raconter à sa place. Et lorsqu’un peuple abandonne la maîtrise de son récit, il risque progressivement d’abandonner une partie de la maîtrise de son destin.
La mémoire nationale est donc aussi une forme de souveraineté.
2. La Guinée doit être plus grande que nos différences
Mes chers frères et sœurs de Guinée,
Notre pays possède une diversité exceptionnelle. Cette diversité ne doit jamais devenir une faiblesse.
Nos origines ne doivent pas nous opposer. Nos langues ne doivent pas nous séparer. Nos régions ne doivent pas nous enfermer. Nos appartenances politiques ne doivent jamais nous faire oublier que nous partageons une même patrie.
Nous pouvons avoir des opinions différentes. Nous pouvons défendre des projets différents. Nous pouvons débattre, contester et nous opposer démocratiquement.
Mais lorsque l’essentiel est en jeu, la Guinée doit être au-dessus de tout.
Au-dessus de nos partis. Au-dessus de nos communautés. Au-dessus de nos ambitions personnelles. Au-dessus de nos intérêts particuliers.
Car avant toutes nos appartenances particulières, nous sommes les enfants d’une même terre, les héritiers d’une même Nation et les bâtisseurs d’un même avenir.
Aucune nation ne peut durablement se construire lorsque ses enfants apprennent à se méfier les uns des autres davantage qu’ils n’apprennent à construire ensemble.
3. A la jeunesse de Guinée
Je veux maintenant m’adresser particulièrement à vous, jeunes femmes et jeunes hommes de Guinée.
Vous êtes nombreux. Vous êtes ambitieux. Vous êtes connectés au monde. Vous êtes impatients de réussir. Et cette impatience est légitime.
Mais je veux vous dire ceci : ne laissez personne vous condamner au fatalisme.
Ne laissez personne utiliser vos frustrations pour vous dresser les uns contre les autres. Ne laissez personne transformer vos différences en instruments de division. Ne laissez personne penser à votre place.
- Formez-vous.
- Lisez. Étudiez.
- Entreprenez.
- Innovez.
- Maîtrisez les sciences.
- Maîtrisez les technologies.
- Apprenez des langues.
- Développez vos compétences.
- Cultivez votre esprit critique.
- Etc.
Car le patriotisme du XXIᵉ siècle ne se mesure pas seulement à la force avec laquelle on proclame son amour pour son pays. Il se mesure également à ce que l’on est capable de construire pour lui.
- La Guinée aura besoin d’ingénieurs,
- d’enseignants, de médecins,
- d’agriculteurs modernes,
- d’entrepreneurs,
- de chercheurs,
- d’artisans,
- de techniciens,
- de juristes,
- d’économistes;
- de créateurs:
- Etc.
Elle aura surtout besoin de citoyens intègres, responsables et profondément attachés à l’intérêt général. Vous devez devenir cette génération.
4. Nos richesses doivent devenir le développement de notre peuple
Mes chers frères et sœurs de Guinée,
Notre pays dispose d’immenses ressources. Mais l’histoire nous enseigne qu’un pays n’est pas puissant simplement parce que son sous-sol est riche.
La véritable richesse d’une nation réside dans sa capacité à transformer ce qu’elle possède en prospérité, en connaissances, en emplois et en dignité pour sa population.
Notre ambition doit donc être claire : transformer davantage ce que nous produisons.
Produire ce que nous pouvons produire. Former les compétences dont notre économie a besoin. Moderniser notre agriculture. Développer nos industries. Valoriser nos ressources minières avec davantage de retombées nationales.
Investir dans l’éducation. Renforcer notre système de santé. Développer nos infrastructures. Soutenir l’entrepreneuriat. Préparer notre jeunesse aux métiers de demain.
La richesse du sous-sol guinéen doit progressivement devenir la prospérité de ceux qui vivent sur cette terre.
5. La souveraineté ne doit pas être un slogan
Mes chers frères et sœurs de Guinée,
La souveraineté ne consiste pas à s’isoler du monde. Elle consiste à pouvoir dialoguer avec le monde sans renoncer à soi-même.
Nous devons coopérer avec tous ceux qui respectent notre pays et avec lesquels nos intérêts peuvent converger. Mais nous devons également apprendre à défendre nos intérêts avec intelligence, compétence et fermeté.
Ni soumission. Ni isolement. Ni dépendance aveugle.
La Guinée doit être capable de choisir. Capable de négocier. Capable de produire. Capable de transformer. Capable d’innover. Capable de défendre ses intérêts. Capable, enfin, de décider elle-même de la direction qu’elle souhaite donner à son avenir.
Voilà la véritable souveraineté.
Nous devons aussi avoir le courage de nous regarder nous-mêmes
Mes chers frères et sœurs de Guinée,
Construire une grande nation exige également le courage de reconnaître nos propres insuffisances. Nous ne pouvons pas toujours chercher ailleurs l’origine de toutes nos difficultés. Certaines responsabilités nous appartiennent.
Lorsque les ressources publiques sont détournées, c’est la Guinée qui perd. Lorsque la compétence est sacrifiée au profit du favoritisme, c’est la Guinée qui recule. Lorsque l’impunité s’installe, c’est la confiance du peuple qui disparaît.
Lorsque l’appartenance communautaire devient un instrument de confrontation politique, c’est la Nation qui se fragilise. Lorsque l’intérêt personnel passe avant l’intérêt général, c’est l’avenir collectif que nous compromettons.
Voilà pourquoi nous devons restaurer une valeur essentielle : le sens de la responsabilité.
Servir l’État doit être un devoir. Gérer l’argent public doit être une responsabilité sacrée. Exercer une fonction publique doit signifier servir le peuple. Et exercer le pouvoir, à quelque niveau que ce soit, doit toujours signifier rendre des comptes.
6. Nous avons besoin d’un nouveau patriotisme
Mes chers frères et sœurs de Guinée,
Notre pays a besoin d’un patriotisme qui rassemble et non d’un patriotisme de circonstance.
Un patriotisme qui ne se limite pas aux paroles. Un patriotisme du travail. Un patriotisme de la compétence. Un patriotisme de l’intégrité. Un patriotisme du respect du bien public.
Un patriotisme qui considère que réussir honnêtement en Guinée, créer un emploi, former un jeune, produire localement, protéger notre environnement, respecter la loi ou servir correctement son prochain constitue déjà une manière de servir la Nation.
“Aimer la Guinée, c’est participer à sa construction.”
Notre génération sera jugée
Mes chers frères et sœurs de Guinée,
L’Histoire nous observe. Un jour, d’autres générations parleront de la nôtre. Elles se demanderont ce que nous avons fait de cette Guinée qui nous a été confiée.
Elles demanderont : Avons-nous transmis nos divisions ou avons-nous construit notre unité ? Avons-nous gaspillé nos ressources ou les avons-nous transformées en développement ? Avons-nous abandonné notre jeunesse ou lui avons-nous donné les moyens de réussir ?
Avons-nous affaibli nos institutions ou les avons-nous consolidées ? Avons-nous privilégié nos intérêts personnels ou avons-nous pensé aux générations futures ?
Voilà le véritable jugement de l’Histoire. Et devant ce jugement, aucun discours ne pourra remplacer les résultats.
7. Peuple de Guinée, l’heure est venue de construire
Mes chers frères et sœurs,
Je crois profondément en notre capacité collective. Mais croire en la Guinée signifie accepter la responsabilité de la construire.
Nous devons apprendre à nous parler malgré nos divergences. À nous respecter malgré nos différences. À travailler ensemble malgré nos désaccords.
À faire de notre diversité une force. À faire de notre jeunesse une puissance. À faire de nos ressources un instrument de développement. À faire de nos institutions le socle de notre stabilité. Et à faire de notre histoire une source de conscience plutôt qu’un motif de division.
Alors, mes chers frères et sœurs de Guinée, où que vous soyez, quelles que soient vos origines, vos convictions ou vos appartenances :
Connaissons nos racines. Préservons notre mémoire. Défendons notre unité. Cultivons le savoir. Réhabilitons le mérite. Respectons le bien public. Plaçons l’intérêt général au-dessus de nos ambitions personnelles.
Et surtout : ne laissons personne écrire notre avenir à notre place.
Car la Guinée n’appartient ni à un homme, ni à un parti, ni à une communauté, ni à une génération. La Guinée appartient à tous ses enfants.
Nous l’avons reçue de ceux qui nous ont précédés. Nous devons la servir aujourd’hui. Et nous avons le devoir de la transmettre demain plus unie, plus juste, plus forte et plus prospère.
Notre histoire nous appartient.
Notre unité est notre force.
Notre avenir dépend de nous.Une seule Patrie : la Guinée.
Un même peuple : le peuple de Guinée.
Un même devoir : servir la Nation.Vive la République !
Et vive la Guinée !
Que Dieu bénisse la Guinée et les Guinéens.
Amina
Thierno Hamidou Bah – Frère Bah
Consultant- Formateur, Gérant du Cabinet LAHASSA Internationla – CLI.