Guinée: vers la reprise des manifestations, l’opposition guinéenne donne un ultimatum d’une semaine aux autorités

Banniere CBG

L’évaluation du niveau d’application de l’accord politique inter-guinéen du 12 octobre 2016, les recommandations de la rencontre entre le chef de l’Etat et le chef de fil de l’opposition et la crise sociale relevant de l’augmentation du prix du carburant, étaient les principaux points de la plénière des leaders de l’opposition au Q.G de l’UFDG le vendredi 6 juillet 2018.

A  l’issue de la rencontre, c’est le chef de fil de l’opposition de l’opposition qui a fait le compte rendu à la presse.

A l’entame, Elhadj Mamadou Cellou Dalein Diallo a rappelé l’issue du tête-àtête qu’il a eu avec le président de la république le 2 avril dernier : « Comme vous le savez, à l’issue de la rencontre que j’ai eue avec le président de la République le 02 avril, quatre recommandations avaient été faites. Des recommandations dont la mise en œuvre a été confiée à la commission de suivi de la mise en œuvre de l’accord politique du 12 octobre 2016 ».

Ces points sont d’après lui, « le contentieux électoral, l’adoption de la loi su la CENI, l’audit et l’assainissement du fichier électoral avant l’organisation des prochaines élections législatives et la conduite des enquêtes et la mise en place des Assistances financières pour les victimes de nos manifestations pacifiques ».

En ce qui concerne l’audit du fichier a précisé le présidant de l’UFDG, « on n’a pas la visibilité ».

« A un moment donné, on a vu arriver ici une mission de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Alorsque, consensuellement, la CENI, la Mouvance, l’Opposition et l’Administration avaient décidé de faire appel à l’expertise de l’Union Européenne, des Nations Unies et de l’OIF. A l’époque, nous avions indiqué que nous n’acceptions pas que ce travail soit accompli exclusivement pas l’OIF. A ce jour, on n’a pas encore de bilan de ce qui a été fait. Mais, une réunion est convoquée lundi à la CENI, qui réunira l’e semble des trois acteurs concernés, la CENI et les trois groupes parlementaires », a-t-il expliqué.

Au niveau de la CENI, l’adoption d’une nouvelle loi semble répondre à l’une des préoccupations des l’opposition. C’est qu’on peut lire sur les lèvres du numéro un de l’opposition.

S’agissant des enquêtes et indemnisations, aucune initiative n’a encore été priseà cet effet, a indiqué l’opposant. « Il n’y a pas eu de commission d’enquêtes, il n’y a pas eu de mise en place de fonds destinés l’assistance financière qu’on avait décidée d’apporter à ceux qui ont perdu des proches et à ceux dont les biens avaient été détruits à l’occasion des manifestations pacifiques de l’opposition », a déploré Cellou Dalein Diallo.

De même, le contentieux électoral ne connait jusqu’à date aucune issue favorable à s’en tenir aux revendications des politiques. Alors que le président du comité de suivi de l’accord propose l’installation partielle des élus locaux dans certaines circonscriptions pendant que les victimes de pillages des événements des dernières législatives ont toujours soif de justice, le chef de fil de l’opposition ne décolère pas.  

« Face à cette situation, l’opposition a décidé de donner encore une semaine au gouvernement, une semaine au-delà de laquelle, elle reprendra ses manifestations s’il n’y a rien qui indique une volonté réelle des autorités d’aller vers une solution juste et équitable en ce qui concerne le contentieux électoral et la mise en place des fonds nécessaires à l’indemnisation des victimes et à la conduite des enquêtes pour identifier les auteurs des frimes commis lors de nos manifestations pacifiques », a prevenu Cellou DaleinDiallo.

Sur la hausse du prix du carburant à hauteur de 25%, il affirme n’avoir pas compris cette démarche des nouvelles autorités de la primature : « Nous comprenons parfaitement la population guinéenne, confrontée à d’énormes difficultés de survie, lorsqu’elle considère que pendant cette période de soudure, cette augmentation n’est pas acceptable. Elle n’est pas acceptable d’autant plus que, lorsque les prix avaient une tendance baissière, le gouvernement avait refusé d’appliquer le principe de la flexibilité que lui-même avait fait accepter ».

« Il ne s’agit pas pour nous de faire du populisme et de la démagogie, les guinéens sont confrontés à d’énormes difficultés de survie pendant cette période de soudure. Le gouvernement ne peut pas prendre une telle décision sans de mesures d’accompagnement et sans au préalable avoir discuté avec les partenaires sociaux, notamment les syndicats et la société civile. Donc, nous soutenons l’idée de prévoir immédiatement des mesures d’accompagnement très fortes, permettant aux guinéens de supporter une telle décision si elle devrait être maintenue », a ajouté Elhadj Mamadou CellouDalein Diallo.

A noter que cette rencontre a connu également la présence de plusieurs leaders dont Abdoulaye Kourouma du RRD, Thierno Saidou Bayo du PS, Dr Ibrahima Sory Diallo de l’ADC-BOC, Mamadou Adama Diallo du BL.

Thierno Amadou Oury BALDE

pour oceanguinee.com

Réagir