Guinée/Cession du port autonome de Conakry : Même si elle opte pour une politique libérale, l’UFDG sort ses griffes !

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La signature du contrat de gestion du port autonome de Conakry en faveur d’une société turque continue d’accabler les esprits.

Les travailleurs de ce service public et leurs syndicats qui demandent la résiliation du contrat, dénoncent toujours le nœud du problème pouvant engendrer de conséquences fâcheuses comme la perte d’emplois.  

Qu’il s’agisse d’un bail ou d’une cession d’une partie du Port Autonome de Conakry (PAC), ce qui est sûr d’après nos informations,  l’entreprise turque Albayrak Turizm SeyahatInsaat Ticaret SA aura de privilèges de gestion, d’exploitation et d’entretien pour une période de 25 ans.

Ce dossier brûlant qui défraye la chronique ne semble pas superflu dans les rangs de l’opposition Républicaine au point d’échapper aux analyses. Se chef de fil, Elhadj Mamadou CellouDalein Diallo qui s’est exprimé dans l’émission ‘‘Espace Expression’’ chez nos confrères d’Espace Fm, met en cause la procédure mise en ouvre pour la cession du Port autonome.

 « C’est dans l’opacité totale, sans aucune étude préalable, sans aucun appel à la concurrence et aucun cahier de charge. Le président a envoyé son conseiller qui a conduit une mission d’expert turcs au Port Autonome, le 16 décembre dernier pour leur donner l’instruction de leur livrer tous les documents et faire visiter l’ensemble des installations du port autonome.  Ils ont eu accès à tous les documents, ils ont visité tous les sites et évaluer toutes les machines et après ils ont fourni une offre », a expliqué le président de l’UFDG.

Le 20 mai 2018 rappel l’opposant, «  le président est rentré de Turquie, il a ordonné le transfert de tous les montants détenus par les parcs des banques commerciales à la banque centrale de la république de Guinée. Alors, de manière directive, ces comptes ont été transférés à la banque centrale, à l’insu du Port Autonome. Le 09 août dernier, monsieur Alpha Condé a organisé la signature sans délai du contrat de concession du port à Albayrak. Le 10 août, à 15 heures sur ses instructions le contrat a été signé ».

Profitant de l’occasion, l’ancien premier ministre a déploré la signature de plusieurs autres contrats dans les mêmes codifiions qu’il qualifie d’opaques : « Ce que je déplore, c’est cette manière opaque, parce que c’est dans les mêmes conditions que le contrat ASPERBRAS avait été fait. Et beaucoup d’autres contrats que ça soit K-Energie à MoryDiané, et toutes les sociétés qui ont intervenu en Guinée ».

D’après Cellou Dalein Diallo, le port autonome a un monopole des droits de traitement de toutes les importations et de toutes les exportations. C’est pourquoi indique-t-il, «  le pays doit veiller à ce que ce facteur de compétitivité influe nécessairement sur les prix à la consommation. Parce que toutes nos importations et produits que nous consommons sont importés par le port ».

Si le principal parti de l’opposition guinéenne ne s’oppose à la politique libérale de la privatisation de certains services publics, il fustige comme de nombreux compatriotes la violation des procédures dans la passation des marchés publics.

C’est pourquoi Ousmane Gaoual Diallo, conseiller politique de l’UFDG  affirme par voie de presse que la cession des actifs de l’Etat à des tiers ne choque pas son parti.

« Ce qui nous intéresse c’est de comprendre est-ce que cette cession respecte les procédures légales édictées en République de Guinée ? Est-ce que dans la cession les travailleurs ne sont pas lésés etc ? Si les réponses à toutes ces questions sont positives, on ne trouve pas d’objections à ce que l’Etat se désengage de certaines activités économiques », a soutenu le député uninominal de Gaoual ».

On n’est pas opposé à la privatisation en tant que telle a-t-il précisé, « mais faudrait-il qu’elle respecte les procédures légales en Guinée et que cela soit bénéfique pour les travailleurs, les populations et les générations futures. On essaiera d’analyser tout ça lorsqu’on aura le contrat dans les mains ».

« On a eu beaucoup d’entreprises publiques qui ne survivent pas. Les exemples les plus frappants, c’est de voir aujourd’hui qu’EDG a englouti plus de 2 milliards de dollars en 8 ans. Et cela n’a pas amélioré la desserte de l’électricité dans le pays », a fait remarquer  Ousmane Gaoual Diallo.

Thierno Amadou Oury BALDE

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