Hausse du prix du carburant : Les dessous d’une grève manquée en Guinée !

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La main tendue de l’USTG  au SLECG d’Aboubacar Soumah et de la FESABAG d’Abdoulaye Sow ne s’assimile qu’à une peine perdue.

Alors qu’ils étaient tous suspendus et radiés de leur centrale mère,  leur réintégration crée une surprise inattendue. Même si l’inter-centrale centrale syndicale CNTG –UStG pense renaitre de ses forces pour faire aboutir son mot d’ordre de grève générale et illimitée contre la hausse du prix du carburant à 10.000 gnf par litre, l’espoir de réussite est peu du côté  mouvement syndical.

Déjà, Aboubacar Soumah exige un préalable qui est celui de la dissolution du SLECG dirigé par Kadiatou BAH pour marquer son retour au sein de l’USTG, pendant qu’Abdoulaye Sow opte pour l’indépendance de sa structure.

Cependant, l’inter-centrale qui comptait s’agripper sur ses racines pour que sa tige se solidifie devient abandonné seule dans sa démarche de protection. La société civile qui s’était invitée également dans la danse avec une plate forme dénommée ’Forces sociales de Guinée’’ s’est vue aussi vite limitée dans ses droits avec l’interdiction des manifestations sur toute l’étendue du territoire national par le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation.

Satisfaite par les derniers compromis trouvé avec le gouvernement et acteurs politiques pour  l’installation des élus locaux afin de mettre fin au contentieux des élections locales du 4 février 2018, l’opposition n’aura préférée que de renoncer à ses manifestations et se retirer de toute démarche de protestation sociale. Sur les lèvres des opposants comme pour la plupart des acteurs de la société civile, la hausse du prix des produits pétroliers à hauteur de 25 % le litre n’est pas d’actualité.

Les uns détournés par l’accord politique et les autres désorientés par la restriction de la liberté de manifestation et autres considérations sélectives, seront en face d’autres préoccupations, tandis que l’inter centrale-syndicale s’est vêtue d’un manteau de solitaire pour se recroqueviller à elle-même.

Toutefois, les syndicats espéraient contraindre le gouvernement  de revenir sur sa décision d’augmentation du prix du carburant avec la grève des travailleurs du Port Autonome de Conakry, qui exigent la résiliation du contrat de concession passée avec la société turque dénonçant d’éventuelle perte d’emplois. Mais les récentes sorties médiatiques du porte-parole du gouvernement et ministre en charge des transports  balayant d’un revers de la main, toute accusation portant croire que la Guinée n’a aucun avantage avec son partenaire dans l’exploitation d’une partie de son port pour les 25 prochaines années. De fond en compte, le ministre Aboubacar Sylla est revenu sur le contrat en conférant avec les hommes de médias qu’il permettra non seulement la conservation des travailleurs, mais aussi et surtout la création de plusieurs opportunités de travail. Ce qui sans doute fait taire les suspicions et les interprétations erronées sur la nature du contrat de concession du service public.

Alors s’il n’ya pas de périls en la demeure, les syndicalistes n’en trouveront pas mieux que d’impliquer les enseignants et les sociétés d’assurances et bancaires. Mai là aussi, la crise de confiance a déjà prévalue dans la balance entre les responsables syndicaux.

Mai quoi qu’il advienne, il faut dire que la population ne s’emploie plus a supporter la perturbation de leurs activités par des manifestations, des villes mortes ou des grèves. Certains citoyens se sont d’ailleurs habitués à payer les frais du calvaire depuis l’augmentation du prix du carburant pour joindre difficilement les deux bouts.  Lorsque ces derniers entendent manifestations ou grèves, crient à la folie ainsi qu’à la malédiction des organisateurs. Pourtant, ces luttent sont faites à leurs noms. Mais en raison de la détérioration du panier de la ménagère et la pauvreté qui sévie dans le pays, certains d’entre eux qui sont majoritaires préfèrent s’abstenir.

Face à cette nouvelle situation, le front contre la hausse du prix du carburant devient presque stérile.

Mais en attendant ce qui adviendra, il faut dire que rien ne rassure que les autorités guinéennes se fourvoierons.

Thierno Amadou Oury BALDE

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