Cour constitutionnelle : Mohamed Lamine Bangoura prend les commandes de l’institution

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Le nouveau président de la Cour Constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura dont l’élection est confirmée par décret présidentiel malgré les contestations de la société civile et de la classe politique de l’opposition,  a pris fonction ce lundi 08 octobre.

La cérémonie de passation de service qui s’est tenue à l’insu du président ‘’déchu’’ de la Cour Constitutionnelle, Kélèfa SALL, a connu la présence deplusieurs personnalités du pays dont le Ministre Conseiller à la Présidence chargé des relations avec les institutions,  le Procureur général près la Cour suprême, le médiateur de la République et le représentant  du ministre de la Justice  ainsi les (8) huit commissaires frondeurs  de l’institution.

Accusé d’être à la tête de la fronde pour la destitution de son prédécesseur, Mohamed Lamine Bangoura a dans son discours de circonstance a affirmé que « la Cour pris ses responsabilités en mettant en avant les intérêts supérieurs de la nation », ajoutant que son institution est prête à relever les défis qui l’interpellent dans l’avenir.

«Connaissant le poids de la charge que vous m’avez confiée, je n’ai aucunement la prétention de l’assumer tout seul. Si je l’ai acceptée, c’est parce que je suis convaincu qu’il ne reposera pas exclusivement sur mes épaules», a déclaré le nouveau président de la Cour Constitutionnelle.

De passage a-t-il rappelé, les membres de la Cour Constitutionnelle avant d’entrer en fonctions, prêtent serment de garder le secret de délibération et de ne pas prendre position sur les questions relevant de la compétence de la cour. C’est pourquoi, il se porte garant de respecter et de faire respecter les principes régissant son institution : « je voudrais vous rassurer que la cour constitutionnelle, institution gardienne de la constitution que j’ai le privilège de diriger, entend assurer avec dignité et responsabilité, la compétence et l’attribution que lui confère la constitution ».

Au président sortant qui a brillé par son absence, Mohamed Lamine Bangoura  a adressé ses remerciements  en ces termes : «Monsieur le président sortant, c’est le moment de vous remercier pour avoir dirigé les premiers pas de la Cour… » avant de promettre ceci: 

«Conscient de la tâche qui m’est confiée, je n’ai aucunement la prétention de l’assumer seul. Si je l’ai accepté, c’est parce que je suis convaincu qu’il ne reposera pas exclusivement sur mes épaules, au-delà des mots, ma seule attitude sera de répondre aux attentes, celle de me comporter en loyal serviteur de la cour constitutionnelle, conformément aux lois et règlements de la République », a-t-il entamé son allocution.

et de poursuivre : « Je serai constamment à votre écoute, je serai le fidèle interprète de nos décisions communes et le simple exécutant de ce que nous aurons à définir ensemble. Nous allons amorcer une nouvelle ère dont les gros piliers sont, le respect de la norme, l’esprit de collégialité, le respect mutuel, la solidarité, la fraternité et la transparence. Nous allons par ailleurs consolider les bases de notre indépendance en veillant au respect de la construction dont notre juridiction en est la gardienne»,  s’est-il engagé.

De son côté, le conseiller du Chef de l’Etat en charge des institutions a levé l’équivoque  sur le décret de confirmation de l’élection du nouveau président de la Cour Constitutionnelle.

«Bon nombre de citoyens pensent que cette passation de service est la conséquence du décret de confirmation de M. le Président de la république. Non. Cet acte réglementaire du chef de l’exécutif n’a en réalité en objet que de rendre possible pour le nouveau président de la Cour constitutionnelle, l’exercice de sa fonction de gestionnaire administrative et financière de l’institution tel que prévu par l’article 89 de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle», a expliqué le conseiller d’Alpha Condé chargé des relations avec les institutions républicaines.

A rappeler que la bataille contre l’éviction de Kélèfa SALL à la présidence de la Cour constitutionnelle se poursuit avec les Forces Sociales de Guinée.

Thierno Amadou Oury BALDE

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