Guinée/Marché de Madina : les vendeurs d’habits à la veille de la fête de fin d’année se pleins

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<< L’année dernière a marché plus que cette année >> a lancé un vendeur

Dans moins de 24heures, l’année en 2018 va tirer sa révérence. Les guinéens s’apprêtent à passer à une nouvelle année loin de l’ambiance habituelle. La conjoncture économique y est sans doute pour quelque chose. Au grand marché de Madina, l’ambiance est morose, notamment chez les vendeurs d’habits de fêtes, a constaté sur place à travers un de nos reporters.

Habituellement, à l’occasion des fêtes de fin d’année, les vendeurs de décolletés, minijupes et autres habits sexy se frottent les mains. Cette fois-ci, ils se roulent le pouce tout simplement. Devant plusieurs boutiques et magasins du grand marché de Madina, les clients se font rares. Une situation qui contraint nombreux marchands à vendre certains de leurs articles à bas prix, parfois même à la perte.

Pour Mohamed Soumah, commerçant au centre Africa Business, la conjoncture économique que traverse notre pays est à l’origine de cette situation. « Ça ne va pas du tout, les gens n’ont pas d’argent. On peut rester ici toute la journée, même pour avoir un ou deux clients, c’est tout à fait des problèmes. On dirait qu’on n’est pas au mois de décembre. Les quelques rares clients qui viennent nous demander se plaignent de problèmes financiers. Si non, on a tout ici pour la fête. Nous avons des robes pour les filles et les dames, on a des combinaisons. Mais, on est obligé de baisser les prix, parce qu’on a constaté que les gens souffrent trop, il n’y a pas d’argent. Malgré qu’on ai baissé le prix, les clients n’arrivent toujours pas à pouvoir acheter. C’est vraiment dommage. Nous payons la location du magasin, les taxes », a indiqué le jeune marchand.

Concernant les prix de ses articles, Mohamed Soumah précise que: « les chemises se négocient entre 70 et 80000 fg. Les combinaisons se vendent entre 100 mille et 150 mille francs guinéens. Les chaussures, je dois les vendre à 150 mille, mais je suis obligé de les vendre à 100 mille, parce que ça ne va pas du tout, les clients fuient. Les gens, même si tu leur donnes une chemise à 50 mille, ils vont pleurer. C’est ça aussi le problème » a t il lancé

Même son de cloche chez Bah Alpha Boubacar, vendeur de vêtements et chaussures pour hommes au centre commercial Fatako. Selon lui, « depuis le début du mois de décembre, les produits que je revends ne s’écoulent que les samedis. Les autres jours, les clients ne viennent pas. C’est comme si on n’est pas au mois de décembre. C’est vraiment très dur. Les clients ne viennent pas. Le jour où ça marche, je ne vends pas plus 4 à 5 complets. Alors que j’ai des charges ici et à la maison. L’année dernière a marché plus que cette année. Cette année, on ne sent même pas qu’on est au mois de décembre » déplore ce vendeur 

Pourtant, Alpha Boubacar Bah confie avoir acheté toutes sortes de produits en prélude aux fêtes de fin d’année. « J’ai acheté assez d’articles cette année encore. Mais, ça ne s’écoule pas. Il y a des casquettes, des gilets, des chemises, des Lacoste et des pantalons. Les casquettes varient entre 40 et 100 mille FG selon la qualité. Les pantalons sont à 80 mille francs, les body à 100 mille, les Lacostes aussi sont à 100 mille FG. Je vends les gilets à 70 mille francs », a-t-il fait savoir.

Pour sa part, même s’il ne nie pas les difficultés actuelles, Mamadou Habib Bah du centre commercial Fatako, dit avoir élaboré une stratégie pour maintenir ses clients. « La situation du marché à la veille de cette fête est plus ou moins difficile. Je remercie Dieu, parce que parfois ça marche, parfois aussi, ça ne marche pas trop. Il y a des clients qui viennent acheter 5 à 6 complets pendant que d’autres n’achètent qu’un. Ça dépend de notre entente. Parfois, je suis obligé de vendre à perte pour garder le client, parce que je vois que les gens se plaignent trop du manque d’argent. C’est moi même qui les prie parfois pour qu’ils achètent pour moi en baissant considérablement le prix. Les clients viennent, mais ils n’ont pas d’argent », affirme-t-il

 

Amadou Tidiane Diallo pour oceanguinee 

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