Déroute politique en Guinée : Enjeux et perspectives selon un consultant et analyste politique !

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La situation sociopolitique qui prévaut en Guinée continue d’alimenter la chronique.

Après de nombreux leaders politiques et acteurs de la société civile, ce sont des analystes qui s’invitent dans la danse en déplorant le discours politiquedu chef de l’Etat Alpha Condé le 24 Mars dernier au siège du parti au pouvoir, le RPG arc-en-ciel. C’est le cas du doctorant en sciences politiques de l’Université de Nice qui a accordé une interview à notre rédaction.

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Oceanguinee.com : Bonjour M.

Interlocuteur : Bojour !

Veuillez vous présenter à nos lecteurs

Je réponds au nom de BAH Elhadj Oumar, je suis analyste et consultant politique, diplômé à l’université de Nice (France).

Est-ce que le chef de l’Etat peut-il avoir le droit d’assister ou de présenter au siège d’un parti politique ?

Avant tout, il faut reconnaitre que la fonction présidentielle exige dignité et responsabilité.

Dans le cas de la Guinée, l’actuel président, Alpha Condé à fouler cette exigence au sol. Son discours politique à son siège le 24 Mars est une illustration parfaite. D’ailleurs cette exigence est constitutionnelle. Parlant de l’incarnation du pouvoir et de la fonction présidentielle, la constitution dispose: «Il doit notamment cesser toutes responsabilités au sein d’un parti politique et Il incarne l’unité nationale. Le président de la république est au -dessus des partis politiques».

Au regard donc de la constitution guinéenne, le président de la république ne devrait pas être présent à son siège politique, à plus forte raison de prononcer ce discours de haine et d’affrontement.

Selon vous, Alpha condé a-t-il porté atteinte à travers son discours aux exigences constitutionnelles ?

Bien entendu ! D’ailleurs, c‘est un discours insupportable de la part d’un chef de l’État. La violation de la constitution est sans appelle. Dans un pays où, y a une normalité et un bon fonctionnement institutionnel, une procédure de destitution serait ouverte, pour parjure et haute trahison.

Le silence du pouvoir judiciaire et législatif, traduit une faiblesse institutionnelle très grave, pour une démocratie.

On n’est pas dans le secret de Dieu, pour prédire la volonté réelle d’Alpha Condé, Mais néanmoins, il laisse apparaître dans son discours des indices inquiétants. Il s’agit clairement de la stratégie de chaos, pour se maintenir au pouvoir au delà de son dernier mandat. Dans son projet de se maintenir au pouvoir, il aura besoins certains groupes violents qui vont lui soutenir. Et le dimanche 24 Mars, c’était une façon de chauffer les esprits, et c’est une situation très dangereuse pour la stabilité de notre pays.

Alors, que faut-il craindre en 2020 ?

En 2020, tout laisse croire qu’il n’y aura pas l’élection présidentielle, ça sera, en quelque sorte le glissement. Pour arriver à perpétrer ce glissement, il faudra une justification de la part du pouvoir.  Et Cette justification sera de créer une tension politique dans le pays, pouvant justifier le glissement. C’est le scénario Congolais qui risquerait de se produire en Guinée pour être rapide. En cas d’une situation chaotique, la sortie de crise sera sans doute, un gouvernement  d’union avec toutes les composantes de la classe politique, avec le maintien de l’actuel président à la tête de l’État. Ça sera de prolongation en prolongation. Il faut éviter ce scénario et c’est dés maintenant.

Quelles solutions préconisez-vous ?

Pour déjouer ce scénario qui risque de basculer notre cher pays, la sagesse collective et la fermeté  dans la mobilisation s’impose:

La sagesse collective, pour éviter que le pays sombre dans un conflit interethnique, qui sera interminable et désastreux en termes deconséquences. Il faut à tout prix préserver la stabilité de notre pays, qui est très précaire. Notre pays est complètement abîmer, tant sur le plan politique, économique et social. Il faut préserver le peu  de stabilité qui nous reste. Il ne faut pas aller à l’affrontement.

La mobilisation citoyenne, face à un troisième mandat, sera le seul recours pour empêcher Alpha Condé de continuer d’exercer  illégalement le pouvoir.

Indépendamment des partis politiques, il faut des actions des mobilisations pour exiger le départ d’Alpha Condé, dès l’épuisement de son mandat. La seule issue de l’actuel président, est son départ au terme de son dernier mandat.

Merci Monsieur BAH !

C’est moi qui vous remercie !

Interview réalisée par Thierno Amadou Oury BALDE, spécialiste des questions politiques et juridiques à oceanguinee.com

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