Guinée/Procès du massacre du 28 Septembre :Voici ce que l’avocat de Toumba réclame du nouveau ministre de la justice (interview)

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L’avocat de l’ancien aide de camp de l’ex-chef de la junte militaire monte au créneau contre les conditions de détention de son client à la maison centrale de Conakry pendant d’autres inculpés jouissent de la liberté et incarnent des postes de responsabilité au plus haut sommet de l’Etat.

Me Paul Yomba Kourouma dénonce également la détention arbitraire d’Aboucar Sidiki Diakité, alias « Toumba » par faute de renouvellement de son mandat de dépôt jusqu’à date.  

Relativement au procès du massacre du 28 septembre, il réclame du nouveau ministre de la justice, garde des sceaux, Mohamed Lamine Fofana, la suppression du comité de pilotage et la prise d’un réquisitoire supplétif à travers le parquet  pour compléter l’information dans cette affaire.

Merci de lire cette interview qu’il a accordée à notre rédaction ce mercredi, 12 juin 2019.

Oceanguinee.com : Bonjour Me Paul YombaKourouma !

Me Paul Yomba Kourouma : Bonjour mon cher ami !

Dites nous quelles sont les conditions de détention de votre client à la maison centrale ?

Il est toujours là. Nous attendons d’être appelés par la Cour Suprême. Parce que notre demande pour sa mise en liberté conditionnelle avait été rejetée par la cour d’appel. Mais comme vous le savez, notre client est toujours souffrant et il sent de la lourdeur au niveau de son épaule. On ne sait pas si c’est lier à sa maladie ou c’est une atrophie qui commence, on ne le sait pas encore. Parce qu’il n’a pas de médecin. Même de l’infirmerie, il n’en a pas.

Mieux vaut que Toumba ait le même statut que les autres inculpés qui sont libres. Surtout que les éléments de droit qui militent déjà en sa faveur en ce qui concerne le non renouvellement de son mandat de dépôt. Maintenant, il ya une détention arbitraire à son égard. Mieux, il ya près de deux ans qu’il est renvoyé devant le tribunal criminel pour être jugée, mais  rien ne trame à l’horizon. Donc, c’est une cascade de violation de  violation à son encontre.

Selon nos informations, des mesures avaient été prises avant le départ de me Cheick Sako ? Qu’en est-il ?

Aucune mesure n’est envisagée. Le ministre avait tout coupé avant de partir. Actuellement Toumba est complément isolé. Entre son médecin traitant et lui actuellement, il ya un climat de doute. Il n’ya pas de communication entre eux.

Qu’est ce qui a prévalu à cette méfiance entre Toumba et son médecin ?

C’est un contentieux qu’on n’a pas révélé au grand jour, mais ne ferons bientôt. Ce qui est claire, il ya beaucoup de doutes, de méfiances au point que pour son propre salut Toumba a préféré se passer de lui (médecin traitant, ndlr).

Qu’attendez-vous du nouveau ministre de la justice, garde des sceaux ?

Nous attendons qu’il intervienne. Parce que Toumbadoit nécessairement être traité et pris en charge.

Lorsqu’il s’approprie lui-même du dossier du massacre, il s’en rendra compte qu’il n’est pas en mesure d’être jugé. L’instruction a été bâclée. Il n’ya pas eu d’interrogatoire définitif dans cette affaire, encore moins d’audition des témoins à décharge, non plus de confrontation. Certaines personnes renvoyées ne sont pas en Guinée, celles qui sont dans le pays sont en activité.

Nous demandons au ministre en tant que patron du parquet de prendre un réquisitoire supplétif pour compléter l’information dans cette affaire.

L’instruction du dossier est incomplète ou imparfaite et l’état actuel le dossier ne peut être jugé.

Quant au comité de pilotage, c’est de le balayer une fois pour toute. De le supprimer parce qu’il ne sert en rien de juridique et de judiciaire. C’est une invention de Me Cheick Sako.

Êtes-vous entrain de dénoncer une manœuvre relative à une justice tardive ?

Bien entendu ! Il ya un déni de justice  que nous dénonçons.

Qu’en est-il de l’avenir du comité du pilotage du procès du massacre du 28 Septembre ?

Sa création est sans objet, elle ne vient qu’enfoncer, voir compromettre la tenue du procès du massacre du 28 septembre. Les membres du comité ne disent pas comment le montant des 78 milliards doit être englouti par ce procès.

Merci Me Paul Yomba Kourouma

C’est moi qui vous remercie !

Interview réalisée et décryptée par Thierno Amadou Oury BALDE, spécialiste des questions juridiques et judiciaires.

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