Arrestation des trois princes saoudiens : une autre version des faits. Le roi serait mort ou agonisant ?

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En arguant que la cause de l’arrestation des trois princes saoudiens au matin du vendredi 6 mars est de faire avorter un coup d’État contre le roi Salmane et son prince héritier Mohamad ben Salmane, le Wall Street Journal soutient l’approche défensive de ce dernier. De quoi la justifier.

Or dans les médias et chez de nombreux experts, d’autres versions des faits et d’autres détails sont véhiculés, lesquels montrent que MBS est toujours dans la logique d’imposer par la force, préventivement et arbitrairement, son accès au pouvoir et de museler toute voix critique.

Prochaine intronisation

Commentant cet évènement, le célèbre tweeter saoudien Moujtahed n’évoque pas du tout la version de la tentative de renversement cher au WSJ.

Selon lui, MbS continue de vouloir se débarrasser de toute voix contestatrice, au moment où son accès au pouvoir ne devrait plus tarder.

La campagne d’arrestation « semble être liée à la prochaine intronisation de MbS », a écrit le tweeter saoudien qui serait proche des cercles d’influence saoudiens et dont la page Twitter est suivie par 2.2 millions de followers.

Selon lui, le roi Salmane serait mort ou agonisant.

« Les fonctionnaires de la Cour royale et les membres de la garde royale ont assuré ne pas être en mesure de parvenir au roi pour des raisons de santé », a-t-il tweeté. Assurant que MbS voudrait « lire un communiqué en son nom pour annoncer la destitution de son père et son accès au trône ».

Moujtahed fait aussi état de l’arrestation de plusieurs dizaines de membres de la famille royale, en plus d’officiers des services de sécurité, de l’armée et de la Garde, dont la loyauté revient au frère du roi, le prince Ahmad ben Abdel Aziz, et à Mohamad ben Nayef, tous les deux arrêtés.

« La campagne d’arrestations se poursuit contre tous ceux dont MbS doutent de leur loyauté », a conclu Moujtahed. Ce que confirme une autre page twitter spécialisée dans les informations sur le royaume saoudien, AlAhed al-Jadeed, qui a évoqué l’arrestation d’un autre groupe d’émirs, dont les détails seront dévoilés ultérieurement.

Le clan des Salmane seulement

Soutenant l’immminence de l’intronisation de MbS, d’autres observateurs avancent aussi que MbS joue plutôt la carte de sa succession au poste de prince héritier. Ils s’attendent à ce qu’il veuille l’accorder à son frère Khaled ben Salmane. Scellant une fois pour toute l’emprise de son clan familial sur le royaume, aux dépens des autres clans de la famille des Saoud. Raison pour laquelle il poursuit sa campagne pour se débarrasser de toutes les rivalités éventuelles.

L’ancien général des services des renseignements qataris, Chahine al-Saliti a pour sa part estimé sur sa page twitter que si cette arrestation s’avère juste, « cela voudrait dire que quelque chose de grave se passe et qui pourrait aboutir à la fin du régime instauré par Abdel Aziz, voire à la fin de l’État des Saoud ».

Ex-prince héritier du roi Salmane et ancien ministre de l’intérieur, Mohamad ben Nayef avait été débouté par MbS en 2017 et mis sous résidence surveillée.

Quant au prince Ahmad ben Abdel Aziz, âgé de 77 ans, c’est le seul frère du roi encore en vie. Il avait affiché en 2017 son opposition à l’intronisation de MbS, et s’était réfugié en Grande Bretagne. Il est depuis rentré au royaume en 2018, sur l’insistance du roi Salmane, d’après certaines sources.

Alors que l’agence Reuters assure qu’il dispose d’une importante assise au sein de la famille royale, chez certains milieux d’affaires et des services de renseignements, parce qu’il est considéré être le seul qui peut freiner les dérives de MbS, des observateurs saoudiens soupçonnent qu’il ait voulu faire quoique ce soit. Depuis son retour, il était loin des regards et n’assumait aucune fonction officielle, assurent-ils, selon le site web de la chaine de télévision qatarie al-Jazeera. Écartant la thèse qu’il ait voulu comploter un coup d’État.

Et les renseigements US ?

En plus, il ne serait pas retourné au pays sans avoir eu des garanties britanniques et américaines qu’il serait à l’abri de toute mesure arbitraire.

À cet égard, certains observateurs se questionnent pertinemment sur la sincérité de cette couverture et se demandent s’il n’a pas été sacrifié.

Soutenant la version de l’imminence de l’intronisation de MbS, l’analyste libanais Mohamad Sadek Husseini estime que la mesure qu’il a prise en arrêtant les princes ne saurait être entreprise sans couverture américaine.

Citant des sources des renseignements, il assure que c’est une cellule d’opération gérée depuis l’ambassade des États-Unis à Riyad qui conduit toutes les opérations pour son accession au trône. Elle serait formée d’agents américains. Mais aussi israéliens.

Ces derniers semblent fermement attachés à MbS sur lequel ils misent pour faire passer le plan de Trump qui devrait liquider la cause palestinienne et pour une normalisation avec le monde arabe… Il faut croire qu’ils feront tout pour que lui et son clan s’emparent du royaume. Il faut croire aussi que le prince héritier sait très bien aussi qu’il peut compter sur eux pour qu’il puisse en faire à sa guise. Il a déjà bel et bien échappé à l’opprobre internationale après avoir éliminé l’un de ses opposants, le journaliste Jamal Khashoggi.

source : http://french.almanar.com.lb/1669670

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